À retenir aujourd’hui

  • Rebond technique de l’or: L’or spot reprend un peu de souffle à 4 060 $ l’once à l’ouverture, mais ce sursaut reste fragile, uniquement porté par des rachats de positions vendeuses (« short squeeze »).
  • Désescalade en vue à Ormuz et en Ukraine : Après un week-end de frappes croisées américano-iraniennes, les tensions s’apaisent temporairement. Parallèlement, Vladimir Poutine évoque une possibilité de négociations sur le dossier ukrainien.
  • Le paradoxe de la Nouvelle-Zélande : Le pays veut doubler sa production d’or d’ici 2035 pour relancer son économie, égratignant son image « 100% Pure » et rappelant l’importance cruciale de privilégier l’or recyclé.  

Or et métaux précieux 

Le cours de l’or spot amorce un rebond technique fragile à 4 060 $ l’once à l’ouverture des marchés mondiaux, s’extirpant temporairement de ses plus bas de la semaine dernière. Cette reprise géographiquement menée par les places asiatiques reste précaire : elle résulte principalement de rachats de positions vendeuses (« short squeeze ») après les conditions de survente extrême signalées par le RSI, plutôt que d’un retour des acheteurs de long terme. Le métal jaune se heurte désormais à une première résistance de béton dans la zone des 4 090 $ – 4 100 $, un ancien support majeur dont la reconquête est indispensable pour invalider le risque d’un « rebond de chat mort », selon Kitco. Tant que ce pivot reste inviolé, la fragilité des fondamentaux macroéconomiques, ancrés par un indice PCE tenace et une Fed stricte, expose le cours à une rechute rapide vers 3 950 $ si la prime de risque géopolitique s’estompe. 

Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium

La même fragilité caractérise le rebond des autres métaux de la gamme ce lundi 29 juin 2026, la hausse s’apparentant davantage à une pause graphique temporaire qu’à un véritable retournement de tendance.

  • L’argent à 58,70 $ l’once : Le métal blanc affiche un redressement en trompe-l’œil après avoir touché 56,50 $ en fin de semaine dernière. Bien qu’il ait réussi à reconquérir sa zone de support des 57,20 $, ce sursaut reste bridé par la faiblesse structurelle de la demande industrielle globale et la perspective de taux élevés, maintenant une résistance majeure à l’approche des 60 $
  • Le platine à 1 610 $ l’once : Le cours s’accroche au franchissement psychologique des 1 600 $, profitant du rebond mécanique sur son plancher limite des 1 550 $. Cette reprise reste toutefois vulnérable aux récentes liquidations massives subies par les ETF adossés au platine, ce qui limite le potentiel de hausse à une phase de consolidation à plat.
  • Le palladium à 1 199 $ l’once : Le palladium enregistre une accélération intra-journalière de court terme pour flirter de très près avec le pivot des 1 200 $. Graphiquement, le métal s’extirpe de sa léthargie de vendredi, mais la configuration générale reste lourde : la zone des 1 200 $ – 1 215 $ fait office de barrière technique stricte, difficile à franchir durablement sans apaisement majeur sur le front des chaînes d’approvisionnement automobiles. 

Géopolitique et économie 

Hormuz : escalade et suspension en 48 heures.
Vendredi 26 juin, l’armée américaine frappe plusieurs sites iraniens, d’abord officiellement en réponse à l’attaque d’un navire commercial dans le détroit, dix jours seulement après la signature du protocole d’accord du 17 juin.
L’Iran dénonce une « violation flagrante » du paragraphe 1 du protocole d’accord et du paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations unies, et réplique en attaquant des cibles dans le Golfe. Samedi 27 juin, CENTCOM annonce avoir visé dix sites iraniens dont des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne et des installations de stockage de drones. Dimanche 28, France 24 confirme que les deux parties ont suspendu leurs attaques réciproques. 

Le pétrole, qui avait reflué vers des niveaux d’avant-guerre, a rebondi à l’annonce de ces frappes. L’or, lui, amorce un rebond fragile à 4 060 $, davantage lié à des rachats techniques qu’à une demande structurelle. Le marché reste attentiste. 

Poutine reconnaît une pénurie d’essence et tend la main.
Face à une pénurie d’essence qui s’annonce, le Kremlin envisage d’importer du carburant de l’étranger pour subvenir à ses besoins, une concession tacite sur l’efficacité des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. Poutine a déclaré attendre la venue de négociateurs américains « une fois que Washington sera moins occupé par l’Iran ». C’est la première ouverture publique vers des négociations sur l’Ukraine depuis des mois. 

Pour la France et l’Europe : une désescalade simultanée au Moyen-Orient et en Ukraine changerait les projections d’inflation et de croissance pour le second semestre. Wait and see… 

Surprises du week-end

La Nouvelle-Zélande veut doubler sa production d’or.
La production d’or néo-zélandaise est en passe de doubler d’ici le milieu des années 2030, grâce à deux projets déjà approuvés et un troisième en attente. Les recettes d’exportation aurifères ont presque triplé en trois ans et représentent désormais 2,3 % des exportations totales du pays. Le gouvernement a délivré 163 nouveaux permis miniers en 2025, soit +16 % sur un an. Le pays « 100% Pure » a construit son image sur la nature préservée… Mais creuse des mines à grande échelle pour profiter de la flambée des cours. 

Cette information est l’occasion de rappeler la position de Veracash, et du groupe AuCOFFRE en général, sur l’extraction nouvelle d’or : il y a déjà environ 212 000 tonnes d’or extrait dans le monde depuis le début de l’histoire humaine. Suffisamment pour répondre à la demande mondiale sans en extraire une once de plus. L’or recyclé, reliquat ou de seconde main est une alternative bien moins destructrice que l’exploitation de mines dans des zones naturelles classées. L’extraction minière est un choix économique qui a un coût environnemental réel, et évitable. 

L’agenda macro de la semaine 

29 & 30 juin : réunion technique Iran/États-Unis à Genève après un week-end agité. 

Mar. 30 juin : inflation France juin (INSEE). 

Mer. 1er juil. : chômage zone euro + ADP américain + ISM services. 

Jeu. 2 juil. : ventes au détail zone euro.

Ven. 3 juil. : production industrielle France (INSEE) + clôture anticipée de Wall Street. 

 Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.