La chute du cours de l’or continue et passe sous la barre des 4000 $ l’once ce jeudi. Explications.
À retenir
- Capitulation de l’or : Le cours spot enfonce le pivot psychologique des 4 000 $ pour s’établir à 3 982 $/once sous la pression d’un dollar au plus haut sur 13 mois.
- Catalyseur PCE : Le marché attend la publication de l’indice Core PCE de mai (attendu à 3,4 %) qui validera soit la baisse sous les 4 000 $, soit un rebond vers 4 200 $.
- Métaux & Géopolitique : L’argent métal, le platine et le palladium subissent la même liquidation, tandis que les frappes ukrainiennes en Russie profonde (900 km du front avec l’Ukraine) réactivent le risque européen.
Or et métaux précieux
Le cours de l’or spot subit une importante correction ce jeudi et s’établit à 3 982 $ l’once, passant sous le seuil psychologique majeur des 4 000 $ pour la première fois depuis l’automne dernier sous la pression d’un dollar américain au plus haut sur 13 mois.
D’un point de vue technique, la zone comprise entre 3 950 $ et 4 000 $ fait office de support pivot immédiat, dont la rupture franche exposerait le niveau critique des 3 850 $.
À l’inverse, l’indicateur RSI quotidien affiche des conditions de survente extrême à court terme, ce qui pourrait alimenter un rebond technique de retour à la moyenne vers la première résistance technique située à 4 000 $, puis 4 200 $.
Les volumes et l’intérêt ouvert (Open Interest) sur les marchés asiatiques et mondiaux montrent une phase de capitulation et de liquidation forcée, mais le positionnement des contrats à terme (CME) suggère un épuisement progressif de la dynamique baissière.
Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium
Voici l’état technique des autres métaux en ce jeudi :
- L’argent à 57,00 $ l’once
L’argent subit un net repli de plus de 6 % sur la semaine, entraîné par le raffermissement de l’indice dollar (DXY). Le métal gris teste actuellement une zone de support intermédiaire à 55 $, tandis que la moyenne mobile et la première ligne de résistance majeure se situent désormais bien plus haut, autour du seuil des 60 $ - Le platine à 1 552 $ l’once
Le platine affiche une configuration de consolidation baissière à court terme, s’éloignant de ses récents sommets dans le sillage de l’ensemble du complexe des métaux précieux. Le maintien au-dessus du support psychologique des 1 550 $ reste déterminant pour éviter une accélération vendeuse vers les 1 500 $. - Le palladium à 1 146 $ l’once
Le palladium fait preuve d’une relative résilience intra-journalière avec une légère stabilisation technique autour de 1 146 $ – 1 158 $. Malgré cette pause graphique, la tendance de fond reste lourde, coincée sous une zone de résistance technique immédiate fixée à 1 200 $.
Objectifs à la baisse, mais opportunité d’achat ?
Preuve que le marché des métaux précieux est à un tournant, les grandes banques revoient leurs copies en urgence. Deutsche Bank a abaissé son objectif de cours de l’or de 6 000 $ à 4 800 $, tandis que Goldman Sachs estime qu’une Fed plus agressive pourrait pousser l’or vers 4 400 $ en fin d’année. Cette dernière nuance toutefois : si le PCE de cet après-midi surprend à la baisse, le retour de deux baisses de taux d’ici fin 2026 offrirait un soutien mécanique d’environ 240 $/once.
Géopolitique et économie
Les mécanismes qui expliquent la chute du cours de l’or
La rupture des 4 000 $ répond à une mécanique arithmétique précise.
En premier lieu, les tensions iraniennes ont propulsé le brut au-delà de 100 $/b, portant l’inflation américaine à 4,2 % en mai.
Face à cette poussée, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a durci son discours le 17 juin en éliminant toute perspective d’assouplissement. En réaction, les marchés intègrent désormais une probabilité de hausse des taux de 34,2 % pour juillet et 66,4 % pour septembre, propulsant le dollar à un sommet de 13 mois.
Ce billet vert fort fige la demande pour l’or physique européenne et asiatique : comme en 2022, l’inflation provoque des hausses de taux qui tarissent l’attrait pour un actif non rémunéré.
L’impact pour l’épargne française : Si l’or en euros recule, le mouvement reste amorti par la baisse simultanée de la monnaie unique par rapport au dollar. Face à une inflation française à 3,2 % et un Livret A bloqué à 1,5 %, le rendement réel de l’argent liquide reste négatif. Cette correction technique ne remet pas en cause l’intérêt structurel de l’or physique.
L’indice PCE
Tous les regards se tournent cet après-midi vers la publication du Core PCE de mai, la jauge d’inflation favorite de la Fed. Après un score de 3,3 % en avril, un chiffre supérieur à 3,4 % ancrerait définitivement une hausse des taux en septembre, accentuant la pression baissière sur les métaux précieux. À l’inverse, une bonne surprise sous les attentes validerait le scénario d’un épuisement des vendeurs et pourrait provoquer un rebond technique rapide de l’or vers les 4 200 $, voire 4 400 $.
Ukraine : escalade en territoire russe
Le conflit ukrainien change de dimension avec les « frappes préventives » revendiquées par Kiev sur des sites énergétiques et militaires russes profonds, notamment à Tcheboksary (à 900 km du front) et Samara. Cette stratégie de ciblage en profondeur engendre des ripostes de Moscou par missiles balistiques et réveille un risque géopolitique global que les marchés européens ne peuvent plus ignorer. L’impact potentiel sur l’énergie et les obligations souveraines (OAT) introduit une nouvelle prime de risque sur le vieux continent.
À surveiller aujourd’hui
→Core PCE américain : Le verdict sur l’inflation validera soit la capitulation de l’or sous les 4 000 $, soit le déclenchement d’un rallye de rachat des positions short.
→ Riposte russe à court terme : L’intensité de la réaction de Moscou après les frappes à longue portée déterminera si le risque de change et d’approvisionnement redevient un moteur immédiat pour les marchés européens.
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Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
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