À retenir 

  • Verdict PCE à 3,4 % : L’indice Core PCE confirme une inflation tenace aux États-Unis, renforçant la posture stricte de la Fed et bloquant le potentiel de hausse des métaux. 
  • Alerte à Hormuz : Le gel du plan d’évacuation de l’OMI après l’attaque nocturne d’un cargo fait rebondir le pétrole et réactive la prime de risque. 
  • Alerte sur la dette française : La Cour des comptes place les signaux au rouge (dette à 117,5 % du PIB). 

Or et métaux précieux 

Le cours de l’or spot tente une stabilisation précaire ce vendredi autour du pivot clé des 4 000 $.
D’un point de vue technique, le métal jaune s’achemine vers sa quatrième baisse hebdomadaire consécutive, lourdement pénalisé au niveau mondial par la vigueur du dollar index (DXY).
Les indicateurs de momentum à court terme, notamment le RSI, mettent en évidence une zone de survente prononcée après la rupture technique des précédents supports, ce qui alimente une timide défense acheteuse pour maintenir le cours juste au-dessus du seuil psychologique majeur des 4 000 $.
Le marché des métaux précieux est attentiste. Personne ne veut prendre de grosses initiatives ou ouvrir de nouvelles positions majeures un vendredi après une semaine agitée.
Si la pression vendeuse initiée par la posture rigide (« hawkish ») de la Réserve fédérale s’essouffle, la première zone de résistance immédiate se dessine entre 4 023 $ et 4 090 $, tandis qu’un échec de ce rebond exposerait directement le support technique suivant à 3 900 $. 

Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium

L’analyse technique des autres métaux en ce vendredi révèle un comportement similaire: 

  • L’argent à 56,50 $ l’once
    Le métal gris reste sous forte pression après avoir rompu le seuil symbolique des 60 $ plus tôt dans la semaine. Il a enfoncé la zone de support critique des 57,20 $ et cherche désormais un plancher à 56,50 $, ouvrant la voie à une correction plus profonde vers 53,40 $
  • Le platine à 1 580 $ l’once
    Le platine fait preuve d’un sursaut technique en s’éloignant de son support limite des 1 550 $. Cette réaction positive valide le rôle de zone tampon du pivot des 1 550 $ – 1 552 $, initiant une phase de consolidation à plat en attendant de nouveaux catalyseurs macroéconomiques. 
  • Le palladium à 1 165 $ l’once
    Le palladium prolonge sa dynamique de stabilisation intra-journalière au sein de sa bande de fluctuation étroite (1 146 $ – 1 170 $). Bien que le comportement graphique immédiat montre une accalmie, la tendance de fond demeure coiffée par une ligne de résistance technique stricte située à 1 200 $. 

Géopolitique et économie

Hormuz : plan d’évacuation suspendu après une attaque. Hier soir, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a suspendu le plan d’évacuation des 11 000 marins bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre. Un projectile d’origine non identifiée a endommagé un cargo qui avait franchi le détroit en dehors du cadre autorisé par l’Iran. L’OMI a immédiatement gelé le dispositif pour « reconfirmer que les garanties de sécurité nécessaires restent en place ». Téhéran a précisé que tout passage hors du cadre iranien ne bénéficiait d’aucune garantie de sécurité ni de couverture d’assurance. Les cours du pétrole, qui avaient reflué vers des niveaux d’avant-guerre, ont aussitôt rebondi. 

PCE de mai : 4,1 %, la Fed est coincée. Le PCE global de mai ressort à 4,1 % en rythme annuel. Le core PCE (hors alimentation et énergie) atteint 3,4 %, son plus haut depuis octobre 2023, conforme aux attentes du consensus.
L’énergie reste le principal moteur avec +4 % sur le mois. Les dépenses de consommation progressent de 0,7 %, au-dessus des attentes.
Neuf membres du FOMC sur dix-huit projettent désormais une hausse de taux avant fin 2026, six anticipent même deux relèvements. Le core PCE médian en fin d’année est révisé à 3,6 % par la Fed. Le chiffre est mauvais mais il n’a pas provoqué de panique car les marchés l’avaient largement anticipé. 

La Corée du Nord tire des missiles. Kim Jong Un a supervisé des essais de systèmes d’artillerie et de missiles, selon l’agence KCNA, dans ce qu’un observateur qualifie de « démonstration de force » envers Séoul. La Corée du Nord est le troisième foyer de tension militaire actif en ce moment sur la planète, après le Moyen-Orient et l’Ukraine. Les marchés l’ignorent encore, mais pour combien de temps ?

En France, la Cour des comptes a publié hier son rapport annuel. Le verdict est sans appel : « Tous les signaux sont au rouge. » La dette publique française a franchi 3 536 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, dépassant le pic de 2020. La charge de la dette a déjà atteint 74 milliards d’euros en 2026 et pourrait dépasser 100 milliards à l’horizon 2029.
La Cour juge l’objectif de déficit à 5 % du PIB « loin d’être acquis » et exige « des mesures fortes » dès la préparation du budget 2027.
La guerre au Moyen-Orient aggrave la situation et fragilise déjà les hypothèses de croissance et d’inflation du gouvernement. Quand la dette contraint la politique économique plutôt que l’inverse, on appelle ça « fiscal dominance » en anglais. Il semble bien que la France y soit. 

À surveiller dans les jours qui viennent 

Anticipations d’inflation de l’Université du Michigan, aujourd’hui. Dernier grand chiffre de la semaine : si les ménages américains anticipent une inflation durable, les marchés obligataires seront sous pression, et l’or avec eux. 

Réunion technique Iran/États-Unis en Suisse, 29-30 juin.

Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.