À retenir 

  • Le cours de l’or spot accélère son rebond pour s’établir à 4 172 $ l’once.
  • L’argent s’affranchit nettement des 60 $ (à 62,26 $), tandis que le platine (1 655 $) et le palladium (1 263 $) valident de solides structures de retournement graphique.
  • Le WGC publie son rapport de mi-année. 

Or et métaux précieux 

Le cours de l’or spot prolonge sa dynamique haussière ce vendredi 3 juillet 2026 pour s’établir à 4 172,40 $ l’once, confirmant la force du rebond amorcé en milieu de semaine. Ce mouvement ascendant global s’explique techniquement par la fébrilité des investisseurs mondiaux, notamment sur les hubs asiatiques et européens, juste avant la publication cruciale du rapport officiel sur l’emploi américain (NFP). Graphiquement, le métal précieux valide sa sortie de la zone de survente à court terme en franchissant avec force la résistance des 4 115 $, ce qui propulse le cours vers un nouvel objectif technique situé autour de 4 200 $. La baisse marginale du dollar index et la stabilisation des rendements obligataires réels offrent un soutien direct au métal jaune, qui continue d’effacer les pertes de sa clôture trimestrielle. Les acheteurs gardent la main à court terme, faisant de l’ancienne résistance des 4 115 $ le nouveau support immédiat à préserver.

Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium 

L’ensemble du complexe des métaux précieux profite de cette baisse de tension sur le dollar et des couvertures de positions courtes pour consolider leurs structures de retournement intraday.

  • L’argent à 62,26 $ l’once : Le métal gris confirme une cassure haussière majeure en s’affranchissant nettement de son seuil psychologique des 60 $. Ce franchissement valide un signal technique fort, soutenu par la convergence de ses indicateurs de dynamique (RSI) qui s’extirpent de la zone neutre, alors que le marché physique reste structurellement sous-approvisionné à long terme. 
  • Le platine à 1 655 $ l’once : Le platine accélère son rebond de soulagement et s’éloigne définitivement de ses plus bas annuels. Le passage au-dessus des 1 640 $ améliore la configuration graphique de court terme, neutralisant les moyennes mobiles descendantes et ouvrant la voie à un test de la résistance suivante vers 1 680 $. 
  • Le palladium à 1 263 $ l’once : Le palladium confirme lui aussi sa structure de retournement en double fond en consolidant fermement au-dessus des 1 250 $. Le resserrement des bandes de volatilité signale une accumulation acheteuse, le métal profitant du repli des rendements réels pour sortir par le haut de son canal baissier de long terme. 

Géopolitique et économie 

L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois en juin, loin des 115 000 attendus. Le taux de chômage a légèrement reculé à 4,2 %, mais ce recul s’explique principalement par une chute de la participation au marché du travail à 61,5 %, son niveau le plus bas depuis mars 2021.
La réaction des marchés a été immédiate : les anticipations de hausse de taux Fed en septembre reculent. Pour l’épargnant européen, un ralentissement du marché du travail américain réduit la pression sur la Fed, ce qui allège indirectement la pression sur l’or et sur les taux obligataires européens. 

Le WGC publie son rapport de mi-année
Malgré la chute spectaculaire de 5 500 $ à moins de 4 000 $ en juin, le World Gold Council estime que l’or est « globalement aligné avec le consensus macro ». Le scénario central table sur une fourchette ±5 % autour de 4 100 $ l’once au second semestre. Le scénario haussier mise sur un retour vers 4 500 $, voire 5 000 $ si un catalyseur fort émerge, tandis que le scénario baissier se limite à un recul de 10 à 15 % déclenchant des achats de soutien. 

Deux cartes joker ont été identifiées par le WGC
Premièrement, les banques centrales ont acheté en moyenne 1 000 tonnes par an depuis 2022 mais ont vendu tactiquement au premier trimestre 2026.
Ensuite, l’Inde, dont le gouvernement a relevé les droits d’importation sur l’or de 6 % à 15 % depuis avril, réduisant la demande de 50 à 60 tonnes sur l’année. L’Inde est le deuxième marché mondial de l’or. Quand sa demande recule, c’est un frein réel sur les prix physiques.

Le WGC note également que les rebonds de l’or se produisent principalement pendant les heures asiatiques, tandis que les replis interviennent surtout en heures américaines, ce qui soulignerait le rôle croissant des investisseurs asiatiques dans la formation des prix de l’or. 

Contrebande d’or en RDC
Selon le rapport de l’ONU passé plutôt inaperçu, en République démocratique du Congo, la contrebande d’or venu d’Ituri vers l’Ouganda est en forte progression. Les enquêteurs ont constaté de nombreuses incohérences dans les niveaux de production officiels. C’est un signal discret sur les chaînes d’approvisionnement en or physique et sur la traçabilité que revendiquent les acteurs responsables du secteur. Et une occasion pour nous de rappeler l’importance de privilégier le recyclage à l’extraction d’or nouveau. 

À surveiller  

Marchés fermés à Wall Street aujourd’hui pour l’Independence Day
Volumes réduits, volatilité potentiellement amplifiée sur les marchés européens et asiatiques. 

Sommet de l’OTAN à Ankara
C’est le rendez-vous géopolitique de la semaine prochaine qui se prépare ce weekend. L’Ukraine demande des licences pour produire des missiles Patriots, Zelensky espère des décisions concrètes. L’intensification du conflit pourrait agir comme un catalyseur de demande refuge pour l’or. 

Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.