Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 26/01/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 200 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,7 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 56,4 ↗︎
  • Valeur du Dow Jones : 49498 ↗︎
  • Valeur du S&P 500 : 6965 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 26/01/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,9 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,3%
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -12,4 ↗︎
  • Valeur Euro Stock 50 : 5977 ↗︎
  • EUR/USD : 1,188 ↗︎

Évolution du cours de l’or

La semaine du 20 au 26 janvier a vu le cours de l’or continuer sa folle progression, dépassant 4 200 € et 5 000 $ l’once dans un climat surchauffé : tensions commerciales, bras de fer autour du Groenland, Davos en toile de fond, banques centrales très acheteuses et dollar affaibli.

Une semaine dominée par la politique de Donald Trump

Le principal catalyseur immédiat est la séquence “Groenland + tarifs douaniers”.
Le 18 janvier, Donald Trump avait annoncé sur les réseaux sociaux une taxe de 10 % sur les importations de huit pays européens (dont la France et l’Allemagne), lesquels s’opposaient à son projet de “racheter” le Groenland, avec une menace de passage à 25 % en juin. Cette escalade tarifaire a renforcé brutalement l’idée d’une guerre commerciale transatlantique, ce qui a fait reculer les marchés actions et ravivé la demande de valeurs refuges, l’or en tête. Dans la foulée, les menaces sur le Canada en cas de rapprochement avec la Chine (jusqu’à 100 % de droits de douane sur tous les produits) ont fini d’installer l’idée d’une politique commerciale américaine imprévisible, ce qui a pesé là aussi sur la confiance dans le dollar et bénéficie au métal jaune.

Davos 2026 : quand les élites valident le rôle de l’or

Au même moment, le Forum économique mondial de Davos joue un rôle d’amplificateur. Les débats y consacrent plusieurs thèmes qui sont quasiment une liste à la Prévert des facteurs haussiers pour l’or : fragmentation géopolitique, volatilité durable, inquiétudes sur la soutenabilité des dettes publiques et sur la “militarisation” du dollar dans les sanctions. Des gouverneurs de banques centrales d’Inde, de Turquie et de Chine expliquent ouvertement qu’ils poursuivent leurs achats d’or pour se protéger d’un éventuel gel de leurs réserves en devises. Ce langage, tenu en public, crédibilise aux yeux des investisseurs l’idée que “l’or est redevenu une monnaie de réserve”, ce qui justifie de payer des prix records.

Banques centrales et Asie : le socle structurel

Même si on ne dispose pas encore de tous les chiffres, on sait que les banques centrales ont déjà acheté plus de 700 d’or tonnes en 2025 et devraient encore augmenter leurs achats vers 900–950 t en 2026, un niveau proche des records de ces dernières années. Forcément, ces transactions retirent durablement du métal du marché et créent une forme de rareté organisée.
Pour autant, en Asie, la demande physique ne s’effondre pas en dépit des prix devenus délirants. En Inde, les primes sur l’or atteignent un plus haut de dix ans dans la semaine du 23 janvier, car les détaillants et investisseurs se ruent sur le métal de peur d’une hausse prochaine des droits d’importation. En Chine, les décotes de la fin 2025 ont laissé place à de petites primes (jusqu’à 8 $ l’once au‑dessus du spot), signe que, même à des records mondiaux, une partie des ménages et des grandes fortunes continue d’acheter lingotins et barres en prévision de temps troublés. Cette résilience de la demande asiatique rend la hausse beaucoup plus stable qu’un simple mouvement spéculatif occidental.

Dollar affaibli, euro robuste

Côté devises, la situation joue aussi en faveur de l’or. Début 2026, l’euro évolue déjà depuis plusieurs semaines dans une zone 1,17–1,18 $ après avoir gagné près de 13 % sur un an, porté par un dollar affaibli en raison des baisses de taux de la Fed et du recul de la confiance dans les actifs libellés en billet vert. Toutefois, la semaine du 20 au 26 janvier ne marque pas une envolée de l’euro, mais une consolidation dans ce couloir, tandis que les tensions politiques américaines continuent de peser sur le dollar.
Dans ce contexte, voir l’once franchir pour la première fois les 5 000 $ signifie que la hausse vient d’abord du métal lui‑même, pas du change. Converti avec un euro fort, ce niveau de 5 000 $ donne mécaniquement un prix autour de 4 200 € l’once (si l’euro était faible comme en 2022, le même 5 000 $ se traduirait par une once bien au‑delà de 4 500 euros).

L’effet psychologique

Enfin, il y a la dimension psychologique. Pendant plusieurs mois, les 5 000 $ ont été un chiffre “magique” brandi par certains analystes comme un scénario extrême. Dès lors que le seuil est finalement atteint et même dépassé à l’ouverture du 26 janvier, de nombreux acteurs qui attendaient “la preuve” que ce niveau était atteignable se sentent confortés dans leur thèse et refusent de vendre, considérant que l’étape suivante n’est plus un plafond mais un nouveau plancher potentiel.
Les robots de trading et les stratégies de suivi de tendance amplifient ce mouvement : franchissement de résistances techniques, rachats de positions vendeuses, achats de couverture par les gestionnaires qui redoutent d’avoir sous‑pondéré l’or dans leurs portefeuilles. Ce phénomène auto‑entretenu explique pourquoi, malgré un petit reflux intrajournalier lié au rebond des actions après les annonces plus apaisantes à Davos, l’or termine la période au‑dessus de 4 200 €.

En résumé, la semaine du 20 au 26 janvier 2026 consacre l’or comme le baromètre d’un système international jugé de plus en plus instable, où la parole de Donald Trump peut faire vaciller en quelques tweets le commerce mondial, où les banques centrales achètent du métal pour se protéger des turbulences du dollar, et où l’Asie continue d’acheter malgré les prix toujours plus élevés. 

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.