Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
Découvrez L’Actu de l’Or de la semaine dès maintenant !
Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 16/03/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 213 000 inscriptions hebdomadaires au chômage
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 55,5 ↘︎
- Valeur du Dow Jones : 46975 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 6700 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 16/03/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,9 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,1%
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -12,2
- Valeur Euro Stoxx 50 : 5748 ↗︎
- EUR/USD : 1,15 ↘︎
Climat tendu sur les marchés actions : aux États‑Unis, le S&P 500 et le Dow Jones consolident après leurs records de début d’année, affectés par la hausse du pétrole et par l’incertitude géopolitique au Proche‑Orient. En Europe, l’Euro Stoxx 50 reste lui aussi globalement en retrait sur un mois, après une correction marquée fin février, même s’il reprend un peu de terrain début mars.
Évolution du cours de l’or
Dans ce décor, on aurait pu s’attendre à un nouvel accès de fièvre haussière sur le cours de l’or ,mais le métal jaune se contente surtout de fluctuer dans une fourchette élevée autour des 4450 euros l’once, avec une pointe proche de 4500 € puis un retour autour de 4340 € en fin de période.
Un début de semaine marqué par un nouveau rebond
Le 10 mars, l’or repart franchement à la hausse : en dollars, l’once se traite autour de 5190–5200 $, soit près de 100 $ de plus que la veille (et plus de 2200 $ au‑dessus de son niveau d’un an plus tôt !). En euros, cela correspond à un retour au‑dessus de 4450 € l’once. Ce mouvement prolonge la dynamique déclenchée fin février par les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran et la fermeture de fait du détroit d’Ormuz, qui avaient déjà propulsé l’once vers 5400 $. Le marché semble donc convaincu que le conflit peut encore s’envenimer et que le choc pétrolier ne fait peut-être que commencer.
Guerre en Iran et pétrole cher déjà pris en compte
Et en effet, la poursuite des combats au Proche‑Orient continue de peser sur les actions et de soutenir les prix du pétrole, maintenu à des niveaux élevés après son bond de 50% en début de mois. De son côté, l’or donne l’impression d’être un peu atone face au risque d’escalade militaire et de perturbation durable du trafic pétrolier. Mais le fait est qu’une bonne partie de ce risque avait déjà été intégré dans les cours depuis début mars. Et aujourd’hui, ce n’est pas comme si on découvrait la guerre, on se contente juste de « prendre note » que le monde est durablement instable, ce qui maintient le cours de l’or sur des niveaux élevés sans pour autant repartir bille en tête vers les 5600 $ atteints fin janvier.
Fed moins accommodante que prévu : frein sur la hausse
Côté monétaire, le discours de fond a légèrement changé depuis le “choc Warsh”. Les analyses publiées pour mars 2026 insistent sur une Fed moins clémente que ce qu’espéraient les marchés fin 2025 : les baisses de taux restent probables, mais plus graduelles, plus tardives même et conditionnées aux données d’inflation. Cette nuance se traduit par un dollar un peu plus résilient, ce qui enlève un peu d’oxygène au rallye de l’or. Ainsi, le 16 mars, le cours du métal précieux a testé le support psychologique des 5000 $, avec un repli intrajournalier d’environ 1,2 % à 5019 $ l’once. Converti en euros, ce mouvement a ramené l’once vers 4340 € environ.
Une demande asiatique plus prudente
En Asie, la demande physique continue de fournir un filet de sécurité, mais elle n’alimente plus autant la hausse qu’en début d’année. Les données de début mars montrent une divergence nette : en Inde, la hausse des prix locaux vers 160 000 INR pour 10 g freine les achats, même en pleine saison des mariages, et les détaillants signalent une consommation plus prudente. En revanche, la Chine demeure un acheteur régulier : les primes sur l’or à Shanghai tournent autour de 13–15 $ l’once au‑dessus du spot, ce qui indique une demande d’investissement toujours présente malgré un recul d’environ 3 % du prix mondial cette semaine‑là. Ce contraste explique que l’or ne s’effondre pas, mais qu’il ne trouve pas non plus dans la demande physique un moteur pour repartir aussitôt vers de nouveaux records.
Banques centrales et ETF : le socle de long terme reste en place
Les facteurs structurels qui ont porté l’or depuis 2022 restent intacts : les banques centrales continuent d’accumuler du métal pour diversifier leurs réserves hors dollar, et les ETF or conservent l’essentiel des flux massifs enregistrés en 2025 et début 2026. Les données de février indiquent que, malgré l’épisode de correction violente de fin janvier, les encours des ETF aurifères n’ont pratiquement pas baissé, les investisseurs de long terme ayant conservé leurs positions. Ce socle empêche la baisse de s’emballer : même lorsque les traders prennent leurs profits, il existe toujours une base d’acheteurs prêts à se replacer sur repli, ce qui maintient l’once sur un “plateau” élevé plutôt que de la laisser retomber brutalement vers ses niveaux de 2024.
Une semaine de haut plateau
Au final, la période du 10 au 16 mars montre surtout un haut plateau sur le cours de l’or. Pas de panique ni d’euphorie. Les tensions au Proche‑Orient, la cherté du pétrole et la nervosité des actions sont bien prises en compte, ce qui explique le maintien au‑dessus des 4450 € pendant l’essentiel de la semaine. Globalement, la tendance haussière de fond perdure donc, mais l’or est peut-être entré dans une phase où il en faudra un peu plus pour repartir vers de nouveaux records.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



