Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 12/01/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 208 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,7 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 54 ↗︎
  • Valeur du Dow Jones : 49598 ↗︎
  • Valeur du S&P 500 : 6987 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 12/01/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2 % ↘︎
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,4 %
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -13,1↗︎
  • Valeur Euro Stock 50 : 6037 ↗︎
  • EUR/USD : 1,167 ↘︎

Évolution du cours de l’or

La semaine du 6 au 12 janvier a clairement remis l’or sur sa trajectoire “fusée” de 2025 : la correction de fin d’année est digérée, les acheteurs reviennent, et plusieurs facteurs géopolitiques, monétaires et techniques se combinent pour propulser l’once en dollars vers un nouveau record à plus de 4 600 $. Ce qui amène le cours de l’or en euros tout près des 4 000 € malgré un euro encore solide.

Mise à jour le 13/01/26 à 16h00 : le cours de l’or a touché les 3 966 € et 4 628 $.

Valeur refuge face aux tensions géopolitiques

D’abord, le choc vénézuélien et les tensions régionales continuent de nourrir le réflexe “valeur refuge”. L’arrestation de Nicolás Maduro par les États‑Unis début janvier avait déjà déclenché un sursaut de près de 2 % de l’or en Asie, les investisseurs intégrant le risque de perturbation sur les immenses réserves pétrolières du pays. À ce facteur s’ajoutent la montée des tensions avec l’Iran et l’ouverture d’un débat aux États‑Unis sur une possible enquête visant Jerome Powell, autant d’éléments qui accroissent la perception d’un monde instable et d’une politique américaine moins prévisible. Dans ce climat, l’or apparaît comme le seul actif vraiment “apolitique”, ce qui renforce l’appétit pour le métal à chaque mauvaise nouvelle.

Un dollar sous pression

Sur le plan monétaire, les anticipations de nouvelles baisses de taux de la Fed en 2026 continuent de faire baisser les rendements réels et de peser sur le dollar. Les analyses de début d’année décrivent un billet vert toujours sous pression, tandis que le consensus voit l’EUR/USD évoluer dans une fourchette 1,17–1,20 au premier semestre 2026. Autrement dit, la devise américaine n’offre plus le coussin de rendement qui la rendait autrefois si attractive. 

Quand l’once en dollars gagne plus de 1,5 % le 6 janvier (4 441 $ en clôture) puis dépasse les 4 600 $ le 12 janvier, la hausse est assez puissante pour se transmettre presque intégralement au prix en euros, même avec un euro fort. Le fait que l’once marque déjà 3 950 € dès le premier jour de la semaine illustre bien ce mécanisme : la locomotive, c’est le prix en dollars ; la parité de change ne fait que moduler l’ampleur du mouvement, sans pouvoir l’annuler.

Des banques centrales toujours aussi acheteuses

En arrière‑plan, les grands acteurs institutionnels ne lèvent pas le pied. Les chiffres de 2025 montrent que les banques centrales ont acheté environ 220 tonnes rien qu’au troisième trimestre, dans une stratégie de diversification hors dollar et de couverture face aux risques géopolitiques. Les recherches de J.P. Morgan Global Research indiquent qu’elles devraient encore acquérir près de 755 tonnes en 2026, un niveau inférieur aux records récents mais toujours presque deux fois supérieur aux moyennes d’avant 2022. 

Pour un investisseur privé, savoir que les banques centrales continuent d’accumuler de l’or à plus de 4 000 $ l’once est un signal fort : cela valide l’idée que, même à ces prix, le métal conserve un rôle stratégique à long terme.

La demande physique rebondit en Asie

Enfin, les marchés asiatiques jouent un rôle clé dans la dynamique de cette semaine. En Chine et en Inde, la correction de fin décembre a fait repasser les prix locaux d’une situation de décote à une situation de primes : les détaillants et les investisseurs paient à nouveau quelques dollars au‑dessus du spot pour être livrés, signe que la demande de détail reste robuste malgré les sommets atteints en 2025. Les commentateurs parlent de “rebond de la demande physique” : après avoir été refroidis par la flambée de l’automne, les acheteurs profitent de la petite baisse de fin d’année pour revenir, surtout à l’approche des fêtes du Nouvel An lunaire. En parallèle, les flux vers les ETF or asiatiques demeurent positifs, ancrant l’idée que l’or est devenu un pilier des portefeuilles dans la région.

L’étincelle qui met le feu aux poudres

Si l’on met bout à bout ces éléments, on comprend pourquoi l’or, en euros comme en dollars, semble être “retourné à ses vieux démons haussiers” après un simple trou d’air de Noël. Les attentes de nouvelles baisses de taux de la Fed, un dollar durablement affaibli, un monde hérissé de points chauds (Venezuela, Iran…) et des banques centrales qui continuent d’acheter forment le décor de fond. La première semaine réellement active de 2026 ajoute simplement la dernière étincelle : quelques séances de forte demande en Asie, des primes redevenues positives en Inde et en Chine, et une foule d’investisseurs qui, voyant l’once se hisser vers 4 600 $ et l’euro rester bien orienté, se décident à reprendre le train en marche. Poussant dès lors mécaniquement le cours en euros jusqu’à la porte des 4 000 € l’once.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.