Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :

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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 23/02/2026)

  • Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
  • 206 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
  • Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,4 %
  • Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 56,6 ↘︎
  • Valeur du Dow Jones : 48956 ↘︎
  • Valeur du S&P 500 : 6852 ↗︎

Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 23/02/2026)

  • Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
  • Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,7 %
  • Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
  • Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -12,2 ↗︎
  • Valeur Euro Stock 50 : 6126 ↗︎
  • EUR/USD : 1,179 ↘︎

Évolution du cours de l’or

La semaine du 17 au 23 février ressemble à un retour en fanfare de la tendance haussière de fond : après un dernier trou d’air sous 4 100 € l’once et autour de 4 800 $, le cours de l’or s’envole de près de 7,7 % en trois séances pour retrouver des niveaux plus vus depuis fin janvier, porté par un cocktail de décisions de justice, de politique commerciale et de fragilité persistante du dollar.

cours de l'or 24 février 2026

La Cour suprême américaine, nouveau déclencheur

Au début de la semaine dernière, le marché reste encore marqué par les secousses de fin janvier. Le repli vers 4 800 $ et un peu moins de 4 100 € traduit surtout des prises de bénéfices résiduelles et des arbitrages techniques : certains opérateurs restent méfiants après le “choc Warsh” et allègent dès que le métal bute sous 5 000 $. C’est sur ce terrain déjà assaini qu’intervient le tournant du vendredi 20 février : la Cour suprême américaine invalide une grande partie des droits de douane décidés par Donald Trump au nom des pouvoirs d’urgence. Juridiquement, c’est un désaveu important ; politiquement, c’est un signal que la marge de manœuvre unilatérale de la Maison‑Blanche sur le commerce est moins illimitée qu’on le craignait.

La réaction de l’or est paradoxale mais logique. À très court terme, la décision est plutôt “défavorable” à l’or : les actions respirent, une partie des investisseurs vend un peu de métal pour se repositionner sur les marchés actions, et on parle d’effacement partiel des gains de la séance. Mais très vite, les opérateurs comprennent que le feuilleton est loin d’être clos : Donald Trump annonce vouloir contourner l’arrêt via d’autres textes (tarif global de 10-15 %, recours aux sections 122, 232 et 301), ce qui ouvre la perspective de plusieurs années de guérilla juridique et de brouillard sur la politique commerciale américaine. Autrement dit, l’arrêt de la Cour suprême enlève un pan d’incertitude pour en créer un autre. Dans ce contexte, le dollar recule et l’or retrouve son rôle de valeur refuge : le vendredi 20 puis le lundi suivant, le métal franchit à nouveau les 5 100-5 160 $ l’once, avec des pointes autour de 5 180 $, ce qui le porte à un plus haut de trois semaines.

 

Le dollar vacille, l’or en euros en profite

Pour un investisseur européen, la dynamique passe par le filtre de la parité euro/dollar. Depuis le début de l’année, l’euro évolue grosso modo entre 1,17 et 1,19 $ ; les prévisions actualisées de mi‑février voient encore la paire osciller dans cette fourchette dans les mois à venir, avec un biais modérément haussier pour l’euro à horizon fin 2026. Or, la décision de la Cour suprême et les déclarations contradictoires de Trump pèsent sur le billet vert : le dollar se tasse légèrement, rendant l’or plus attractif hors États‑Unis et amplifiant, en euros, la hausse déjà forte du prix en dollars. C’est ce double mouvement (once en dollars qui remonte au‑dessus de 5 100 $ et euro qui ne s’apprécie pas davantage, voire cède un peu de terrain) qui permet au cours en euros de repasser au‑dessus de 4 400 € en fin de période, soit environ +7,7 % par rapport au creux de la semaine précédente (sur 3 séances !).

 

Banques centrales et taux réels : le socle de fond

En arrière‑plan, plusieurs forces de fond continuent de soutenir cette reprise. Côté banques centrales, les analystes rappellent que la pause récente des achats ne devrait être que temporaire : Goldman Sachs, par exemple, estime que la demande officielle repartira et pourrait pousser l’or vers 5 400 $ d’ici fin 2026. Sur les marchés de taux, les investisseurs anticipent toujours deux baisses de 25 points de base de la Fed d’ici la fin de l’année, la première étant largement attendue pour juin. Tant que ce scénario de taux réels faibles reste en place, le coût d’opportunité de détenir de l’or demeure limité. Enfin, du côté de la demande physique et des ETF, la machine reste bien huilée : les flux vers les fonds aurifères ont été massivement positifs en janvier et, malgré la volatilité, les encours ne se dégonflent pas, signe qu’une base solide d’investisseurs de long terme reste en place.

 

L’Asie fournit le plancher physique

Quant aux marchés asiatiques, ils continuent de jouer le rôle de soutien structurel. Les données récentes montraient des primes toujours élevées en Chine à l’approche du Nouvel An lunaire, autour de 35 $ l’once au‑dessus du spot, ce qui indique une demande robuste pour le bijou comme pour l’investissement. En Inde, les primes avaient été divisées par deux après les pics de début février, mais les bijoutiers restent actifs, prêts à se réapprovisionner à chaque repli marqué. Durant la semaine du 17 au 23 février, ces flux physiques n’expliquent pas à eux seuls la reprise explosive, mais ils fournissent un plancher supplémentaire : quand le prix se détend, les détaillants et les gros acheteurs asiatiques reviennent, empêchant le marché de “décrocher” durablement sous 4 800 $.

Au total, la semaine du 17 au 23 février illustre bien la manière dont l’or se nourrit aujourd’hui de l’instabilité politique autant que de la macroéconomie classique. Un arrêt de la Cour suprême qui semblait, sur le papier, défavorable au métal (en « re-fluidifiant » le commerce mondial) finit par relancer la demande, parce qu’il ouvre un nouveau champ de batailles juridiques et fragilise encore un peu le dollar. Pour l’investisseur européen, cela se traduit par une once qui, après avoir brièvement testé la zone des 4 100 € et 4 800 $, rebondit violemment vers 4 400 € en quelques séances, confirmant que la tendance de fond reste bien orientée à la hausse. Mais au prix d’une volatilité qui perdure.

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Bibliographie


Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.