Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 18/05/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 211 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 3,8 % ↗︎
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 48,2
- Valeur du Dow Jones : 49598 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 7384 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 18/05/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 3 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -20,6
- Valeur Euro Stoxx 50 : 5836 ↘︎
- EUR/USD : 1,164 ↘︎
La semaine du 12 au 18 mai s’est ouverte avec des marchés actions nettement plus fermes que la semaine précédente. Le S&P 500 et le Dow Jones ont même gagné encore un peu de hauteur, tandis que l’Euro Stoxx 50 a lui aussi progressé, signe d’un regain d’appétit pour le risque. Mais le recul des valeurs technologiques a plombé le marché aux Etats-Unis, faisant reculer les indices phares, même si la zone Euro a su se redresser le 18 mai, effaçant quasiment les pertes de la semaine.
Évolution du cours de l’or
De son côté, le cours de l’or a poursuivi sa progression au-delà des 4000 € l’once en début de semaine, mais il s’agissait surtout pour le marché de tester ses limites avant de corriger. Le repli final vers 3 900 euros et 4 500 dollars a rappelé que l’or restait exposé aux arbitrages rapides entre refuge et actifs rémunérateurs, particulièrement lorsqu’on anticipe des taux d’intérêt encore élevés face aux différentes crises traversées.
Un sommet rapidement fragilisé
L’or est d’abord resté bien installé au-dessus des 4 000 euros et des 4 700 dollars pendant une bonne partie de la semaine, avant de décrocher à partir du 15 mai. Ce renversement de tendance s’explique par un mélange de facteurs plus subtil qu’un simple retour du stress géopolitique. Les anticipations de hausse des taux d’intérêt ont bondi, ce qui a immédiatement réduit l’attrait de l’or face aux obligations. En parallèle, certains achats de précaution ont été absorbés par des prises de bénéfices, ce qui a fragilisé un marché déjà tendu.
Le pétrole change encore la donne
Le pétrole est resté un déterminant central du prix de l’or. Quand l’énergie demeure chère, le marché redoute une inflation persistante, et cette lecture pousse les investisseurs à imaginer des banques centrales moins enclines à assouplir leur politique. Or, c’est précisément ce scénario qui pèse sur le métal jaune : l’or peut bénéficier de l’inquiétude, mais il souffre dès que cette inquiétude se traduit par des taux plus hauts plus longtemps. Sur la période, la hausse du brut a donc soutenu le sentiment de crise, tout en limitant le potentiel haussier de l’or.
L’Iran entretient la nervosité
Les informations venues du Proche-Orient ont gardé un rôle important dans l’arrière-plan du marché. Les nouvelles contradictoires concernant l’Iran ont continué d’alimenter l’incertitude, ce qui a entretenu la demande d’or comme valeur refuge. Mais cette nervosité n’a pas suffi à imposer une tendance durable, car les investisseurs ont aussi intégré l’idée qu’une crise géopolitique prolongée pouvait maintenir des prix de l’énergie élevés et donc prolonger la pression sur les taux. L’or a ainsi avancé puis reculé au rythme des rumeurs, sans trouver d’équilibre clair.
L’Inde se retire temporairement
L’un des éléments les plus concrets de la semaine a été le refroidissement brutal de la demande indienne. La hausse des droits d’importation a renchéri le coût local de l’or, au point de freiner les achats sur le marché physique. Or l’Inde est un consommateur majeur de métal jaune, notamment pour la bijouterie et l’épargne familiale, donc un changement de fiscalité y a un effet immédiat sur les flux. Cette contraction de la demande a pesé sur les prix mondiaux, surtout au moment où le marché n’avait plus beaucoup de marge pour absorber des mauvaises nouvelles.
Le dollar soutient moins
Le dollar n’a pas servi de soutien à l’or. Sur la semaine, le métal jaune a davantage baissé en dollars qu’en euros, ce qui montre que la pression venue du marché américain a été plus forte. Pour l’investisseur européen, la baisse en euros a donc été un peu amortie par le change, mais pas assez pour éviter le repli. Autrement dit, l’or a souffert d’abord sur son prix en dollars, avant que l’effet de change ne limite seulement une partie de la casse côté euro.
La Chine garde le cap
À l’inverse, la Chine a continué d’apporter un soutien de fond. Les achats d’or y restent importants, qu’ils viennent des ménages, des fonds négociés en Bourse ou de la banque centrale. Les données publiées au début de la semaine ont confirmé que Pékin poursuit sa diversification vers l’or, dans un contexte où les actifs tangibles gardent une forte valeur psychologique et stratégique. Ce soutien n’a pas empêché la correction, mais il a probablement limité son ampleur et empêché une rupture plus nette.
Analyse technique: surchauffe puis cassure
D’un point de vue technique, la semaine a commencé par une forme de surchauffe. Les cours ont longtemps résisté au-dessus des 4 000 euros, puis ont glissé progressivement, avant de casser plus franchement entre vendredi et lundi. Les graphiques montrent un sommet proche de 4 020 euros, suivi d’une phase de consolidation qui s’est transformée en érosion puis en chute vers 3 900 euros. Le marché a donc perdu son élan juste après une zone de surachat relative, ce qui est classique quand les acheteurs hésitent à prolonger le mouvement. Les 3 900 euros redeviennent un niveau à surveiller de près.
Le COMEX reste très vivant
Sur le COMEX de New York, les volumes quotidiens se sont maintenus autour de 17,5 millions d’onces en moyenne entre le 11 et le 15 mai, ce qui confirme un marché loin d’être assoupi. On n’est plus sur les pics de fin mars, mais on reste dans une zone d’activité soutenue, compatible avec des flux de couverture et de spéculation bien présents. Cela suggère que le marché à terme continue de jouer son rôle de chambre d’écho des tensions macroéconomiques. En pratique, ces volumes montrent que la consolidation actuelle est encore très active.
En bref…
Finalement, la semaine du 12 au 18 mai ressemble surtout à une correction technique après excès. Autrement dit, le repli reste sain. Ce n’est pas vraiment une remise en cause de la tendance de fond. L’or reste porté par la géopolitique, par les achats asiatiques et par la diversification des réserves, mais il reste freiné par le retour des anticipations de taux élevés et par le choc de la fiscalité indienne. Le marché a ainsi testé ses sommets, puis a constaté qu’il n’avait pas encore la force de les conserver. C’est ce compromis instable qui explique le retour vers 3 900 euros et 4 500 dollars.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.


