Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 19/01/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 198 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↘︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,7 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 54
- Valeur du Dow Jones : 48995 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 6885 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 19/01/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,9 % ↘︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,3%↘︎
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -13,1
- Valeur Euro Stock 50 : 5934 ↘︎
- EUR/USD : 1,164 ↘︎
Évolution du cours de l’or
Le passage du cours de l’or au‑dessus de 4 000 € l’once le 19 janvier 2026 est l’aboutissement logique de la “fusée” enclenchée depuis l’automne 2025 : la correction de fin d’année est derrière nous, la demande repart de plus belle et chaque nouvelle inquiétude géopolitique ou monétaire ajoute une couche de carburant à une tendance déjà parabolique.
Un record en euros dopé par le dollar faible
En tout début d’année, l’once en dollars a déjà franchi les 4 600 $ (4 617,67 $ en clôture le 12 janvier) et plusieurs banques commencent à évoquer explicitement un objectif à 5 000 $ pour 2026.
Or, sur la semaine qui suit, le dollar reste sous pression : les marchés anticipent toujours de nouvelles baisses de taux de la Fed en 2026, ce qui maintient les rendements réels très bas et décourage le portage en devise américaine. Dans ce contexte, l’euro se maintient autour de 1,16–1,17 $ (1,164 le 19 janvier à la clôture), de sorte que la hausse de l’once en dollars se transmet presque intégralement au prix en euros. Quand l’once dépasse durablement 4 600 $, cela suffit pour propulser l’once en euros au‑delà de 4 000 € même avec une devise européenne solide.
Banques centrales et rareté structurelle
Le moteur de fond reste la demande officielle. Les données de fin 2025 montrent que les banques centrales ont acheté des centaines de tonnes d’or supplémentaires, prolongeant la “ruée institutionnelle” entamée en 2022.
Les analystes de J.P. Morgan Global Research estiment qu’elles pourraient encore acquérir près de 755 tonnes en 2026 : un volume certes un peu inférieur aux records absolus, mais toujours très supérieur aux moyennes historiques. Concrètement, cela signifie que, même à plus de 4 000 € l’once, des acteurs souverains continuent de sortir de l’or du marché pour le stocker en réserves, ce qui entretient la perception de rareté et pousse les investisseurs privés à accepter des prix toujours plus élevés.
Demande asiatique et “financiarisation” de l’or
En parallèle, la demande asiatique, à la fois physique et financière, reste très dynamique. Dès le début janvier, l’Inde et la Chine sont repassées en situation de primes positives : les acheteurs locaux paient à nouveau au‑dessus du spot pour obtenir du métal, signe que la demande de détail absorbe la flambée des prix après la petite accalmie de fin 2025.
Les flux vers les ETF or asiatiques demeurent significatifs, ce qui confirme que l’or n’est plus seulement un bijou ou une réserve d’État, mais un pilier des portefeuilles d’investissement dans la région. Quand les primes physiques se tendent en Asie alors que les ETF engrangent des entrées, le marché mondial lit ce signal comme la preuve que “le sommet n’est pas encore là”, ce qui renforce la tendance haussière.
Du Venezuela au Groenland : la “bordélisation du monde”
Sur le plan géopolitique, le début 2026 est tout sauf rassurant. L’intervention américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont déjà rappelé la fragilité de l’approvisionnement pétrolier mondial, ce qui a déclenché une première vague d’achats de couverture début janvier.
Plus largement, plusieurs chroniqueurs parlent désormais de “bordélisation du monde” pour décrire l’accumulation de conflits et de tensions : Ukraine, Iran, détroits stratégiques, rivalité sino‑américaine. Des évènements face auxquels États et épargnants se “ruent” sur l’or pour compenser la perte de confiance dans les institutions et les monnaies fiduciaires. Dans ce paysage, tout incident supplémentaire, y compris les récentes tensions au Groenland autour des ambitions américaines, nourrit le récit d’un ordre international instable, même si l’impact exact de chaque épisode individuel est difficile à isoler.
Psychologie de marché et effet “cap des 4 000 €”
Enfin, l’aspect psychologique joue un rôle crucial. Dès le 12 janvier, l’or en euros “tape” déjà les 3 950–3 966 € dans les cotations intrajournalières, et la presse financière titre sur des métaux précieux “en route vers de nouveaux sommets”.
Une fois le seuil symbolique des 4 000 € en vue, les stratégies quantitatives et les investisseurs suiveurs de tendance se déclenchent : rachat de positions vendeuses, nouveaux ordres d’achat à seuil déclencheur, flux vers les produits indiciels adossés à l’or.
Paradoxalement, plus le prix paraît “déraisonnable”, plus la peur de rater le mouvement pousse de nouveaux entrants à acheter, prolongeant la phase parabolique. C’est ce mélange de fondamentaux puissants (banques centrales, Asie, dollar faible, tensions géopolitiques) et de dynamique auto‑entretenue qui permet à l’once de franchir finalement la barre des 4 000 € en euros.
Au total, l’envolée de la mi‑janvier n’est donc pas un feu de paille isolé, mais le prolongement d’un régime où l’or est redevenu la boussole d’un monde jugé instable : politiques monétaires plus accommodantes, États qui se couvrent, investisseurs asiatiques en première ligne et opinion publique occidentale de plus en plus méfiante envers les actifs “papier”. Dans ce contexte, voir l’once dépasser 4 000 € apparaît moins comme une anomalie que comme la conséquence logique d’un changement de régime entamé depuis quelques années déjà.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



