Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
- Comprendre les grandes tendances,
- Suivre les marchés et les indicateurs clés,
- Avoir les bonnes infos pour piloter votre épargne.
Découvrez L’Actu de l’Or de la semaine dès maintenant !
Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 02/03/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 212 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,4 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 56,6
- Valeur du Dow Jones : 48920 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 6883 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 02/03/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,7 %
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -12,2
- Valeur Euro Stock 50 : 6012 ↘︎
- EUR/USD : 1,170 ↘︎
Évolution du cours de l’or
La semaine du 24 février au 2 mars est un cas d’école concernant l’influence géopolitique sur le cours de l’or : après quatre jours de calme relatif dans un couloir 4 370-4 400 € (environ 5 140-5 200 $) pour une once de métal précieux, les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, la menace sur le détroit d’Ormuz et le bond concomitant du pétrole ont déclenché une ruée vers l’or qui propulse l’once autour de 5 380 $ et 4 580 € le lundi 2 mars.
Une phase de calme relatif
Dans un premier temps, du 24 au 27 février, le marché digère encore les épisodes précédents : la cassation partielle des tarifs Trump par la Cour suprême, puis leur remise en question politique, ont déjà affaibli le dollar et entretenu la demande de couverture sans provoquer de nouveau dérapage haussier. L’or se maintient alors dans un intervalle étroit autour de 5 150-5 200 $. Les investisseurs semblent attendre un signal clair pour sortir de cette phase de consolidation après un début d’année particulièrement volatil.
Frappes sur l’Iran : le signal attendu
Ce signal arrive dans la nuit du 28 février au 1ᵉʳ mars, quand les États‑Unis et Israël lancent des frappes coordonnées sur des cibles iraniennes. En quelques heures, les cours testent puis franchissent le seuil symbolique des 5 300 $ l’once. Les marchés comprennent qu’il ne s’agit plus seulement d’escarmouches par procuration, mais d’un affrontement direct impliquant la première puissance mondiale et un grand pays producteur de pétrole.
Dans ce genre de configuration, l’or redevient immédiatement le refuge privilégié : les ordres d’achat affluent sur les contrats à terme, les ETF et le marché physique, faisant grimper le prix vers 5 377-5 400 $ au 2 mars, soit un plus haut de plus d’un mois et une progression d’environ 9 % sur un mois glissant.
Détroit d’Ormuz et choc pétrolier redouté
La situation dans le détroit d’Ormuz joue un rôle amplificateur. En effet, l’Iran annonce une fermeture du détroit, avec un arrêt du trafic pétrolier dans le principal corridor maritime de la région. Or, près de 20 % du pétrole mondial transite par ce goulet stratégique. En réaction, le Brent bondit de 13 % à l’ouverture, jusqu’à 82 $ le baril, tandis que les analystes de Wood Mackenzie et de S&P Global préviennent que le baril pourrait grimper vers 100 $ si le blocage se prolonge, avec déjà 18 $ de prime de risque intégrés dans les prix.
Dans l’esprit des investisseurs, ce scénario évoque immédiatement les chocs pétroliers des années 1970 : flambée possible de l’inflation, ralentissement de la croissance, nouvelles tensions budgétaires. Ce cocktail est historiquement favorable à l’or, qui sert à la fois de couverture contre l’inflation, contre le risque de récession et contre les turbulences financières.
Pourquoi l’or grimpe aussi vite en euros qu’en dollars
Vu d’Europe, la traduction en euros dépend, comme toujours, du comportement du dollar. Fin février, l’EUR/USD évolue autour de 1,17-1,18 $, après plusieurs mois de tendance haussière pour l’euro, mais la brusque montée des risques au Moyen‑Orient pèse plutôt sur la devise américaine : les investisseurs redoutent les conséquences budgétaires et financières d’un conflit prolongé impliquant Washington.
L’euro tient donc globalement ses positions ; il ne s’envole pas, mais il ne se replie pas non plus. Dans ces conditions, la hausse de l’or en dollars se retrouve presque un‑pour‑un dans la courbe en euros : quand l’once passe d’environ 5 200 à 5 380 $, l’once en euros s’arrache de son couloir 4 370-4 400 € pour grimper vers 4 580 € au 2 mars. Si l’euro s’était affaibli davantage, le mouvement en euros aurait été encore plus spectaculaire ; s’il s’était beaucoup renforcé, le bond aurait été partiellement amorti.
Banques centrales, ETF, Asie : un socle haussier intact
En toile de fond, les facteurs structurels restent les mêmes que depuis le début de l’année.
- Les banques centrales continuent d’accumuler du métal à un rythme élevé, ce que plusieurs études chiffrent à plusieurs centaines de tonnes par an.
- Les ETF or n’ont pas connu de décollecte massive malgré le “mini‑krach” de fin janvier ; au contraire, le World Gold Council observe des flux nets positifs au tournant de février, signe que les investisseurs utilisent les corrections comme des points d’entrée plutôt que comme des sorties définitives.
- En Asie, enfin, la demande reste étonnamment robuste : en Inde, les primes ont atteint des plus hauts de décennie fin janvier sur fond de craintes de hausse de taxes, et en Chine, l’or se traite toujours avec une prime significative (jusqu’à 32 $ l’once au‑dessus du spot), ce qui montre que ni les ménages ni les gros acheteurs régionaux ne se sont détournés du métal malgré les records successifs.
Ces courants de fond expliquent pourquoi, lorsqu’un choc géopolitique majeur survient, le marché a tant de facilité à “s’enflammer” : la mèche est prête, il ne manque plus que l’étincelle.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



