À retenir

  • 4 125,50 $ : l’or atteint un plus haut de deux semaines après les élections américaines.
  • 4,87 % : le rendement américain à 10 ans recule, soutenant les métaux précieux.
  • Un Français sur deux déclare rencontrer des difficultés à vivre dignement. 

Or et métaux précieux

L’or spot évolue autour de 4 125,50 dollars l’once jeudi matin

Soit environ 3 664,10 euros, contre 4 008,10 dollars et 3 571,20 euros mercredi. La progression atteint 2,9 % en dollars! 

Le métal jaune retrouve son plus haut niveau depuis le 22 octobre, après une hausse de 3,4 % mercredi, sa plus forte progression quotidienne depuis le 19 août.

Le principal moteur de ce rebond est politique. La victoire des démocrates aux élections américaines de mi-mandat a fait reculer le dollar et les rendements obligataires, deux mouvements favorables à l’or. Le taux américain à 10 ans est redescendu autour de 4,87 %, alors que les marchés attendent vendredi les chiffres de l’emploi américain. Ils évaluent toujours à 82 % la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en décembre, selon Reuters. 

Analyse technique : les 4 000 dollars redeviennent le seuil décisif

L’or a reconquis le seuil psychologique des 4 000 dollars. Sa capacité à se maintenir au-dessus constitue désormais un point important à surveiller. Les 4 200 dollars représentent une prochaine résistance potentielle, selon l’analyste Linh Tran de XS.com. Affaire à suivre. 

Argent, platine et palladium suivent le mouvement

Argent 

Il rebondit à 52,66 dollars, soit 46,88 euros l’once. Le métal gagne 2,5 % en dollars par rapport à mercredi. Il accompagne le rebond de l’or, mais reste exposé aux perspectives de demande industrielle. 

Platine 

Le platine remonte à 1 520 dollars, soit 1 357,55 euros l’once. Sa hausse atteint 4,8 % en dollars sur la même période. Le mouvement est marqué, mais cela  ne suffit pas à confirmer une rupture technique durable. 

Palladium  

Le palladium cote à 1 003 dollars, soit 914,06 euros l’once. Il progresse de 5,4 % en dollars et retrouve le seuil symbolique des 1 000 dollars, à surveiller lors des prochaines séances.

Banques centrales et ETF : la demande reste importante

Selon les données publiées mardi par le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 321 tonnes d’or au troisième trimestre 2026, soit 42 % de plus qu’un an auparavant. Les ETF adossés à l’or physique ont enregistré des entrées nettes de 211 tonnes sur la période, portant leurs encours à un record de 4 256 tonnes. Ces chiffres trimestriels confirment l’importance de la demande institutionnelle, sans préjuger des mouvements quotidiens du marché.  

Géopolitique et économie

Les midterms américains rebattent les cartes des marchés

La victoire démocrate dans les deux chambres du Congrès a déclenché une forte hausse à Wall Street mercredi. Le Dow Jones a gagné 3 %, le S&P 500 1,6 % et le Nasdaq 1,4 %. Les investisseurs anticipent davantage de contre-pouvoirs face à Donald Trump, notamment sur les dépenses publiques et la politique étrangère. Mais une paralysie législative pourrait aussi compliquer les négociations budgétaires. 

Le pétrole chute de près de 9 %, l’espoir d’une désescalade avec l’Iran

Le Brent a clôturé mercredi à 94,62 dollars le baril, en recul de 8,7 %, son plus bas niveau depuis fin août. Les marchés spéculent sur une possible accélération des négociations entre Washington et Téhéran après les élections. Mais aucun accord de paix n’est conclu et les discussions restent difficiles. Pour les Européens, une baisse durable des prix de l’énergie pourrait atténuer les pressions inflationnistes, sans garantie d’une répercussion immédiate sur les factures. 

France : le déficit public officiellement révisé à 5,4 % du PIB

Le projet de loi de finances de fin de gestion présenté mercredi confirme un déficit public attendu à 5,4 % du PIB en 2026, contre 5 % précédemment prévus. Le solde budgétaire de l’État devrait atteindre −135,5 milliards d’euros. Cette dégradation intervient après le passage de la perspective de la note française à « négative » par Fitch le 30 octobre. 

Le Mécanisme européen de stabilité suit également les tensions sur les finances françaises. Son directeur, Pierre Gramegna, a toutefois précisé le 16 octobre qu’aucune intervention n’était nécessaire à ce stade. Un sauvetage français reste donc un scénario hypothétique, et non une décision de la BCE ou du MES.  

À surveiller

→ Vendredi 6 novembre, l’emploi américain. 

→ Les négociations avec l’Iran. Une désescalade confirmée pourrait modifier les perspectives pétrolières et inflationnistes. 

→ La dette française et les taux européens. Les conditions d’emprunt de la France et les débats budgétaires seront à suivre, notamment leurs implications possibles pour la politique monétaire de la BCE.

→ L’évolution du rebond du cours de l’or. 


Anaïs Bourdon

Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.