À retenir
- 4 171 $ : l’or rebondit grâce au dollar, mais reste orienté à la baisse sur la semaine.
- Le gestionnaire japonais Sumitomo Mitsui DS Asset Management a vendu l’intégralité de ses obligations d’État françaises.
- Inde : plusieurs gestionnaires suspendent de nouvelles souscriptions à certains fonds adossés à l’or.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 171 dollars vendredi matin
À 4 171,40 dollars l’once, soit 3 717,50 euros, contre 4 144,80 dollars et 3 697,20 euros jeudi, l’or progresse de 0,64 % en dollars et de 0,55 % en euros. Malgré ce rebond, le métal reste orienté vers un recul hebdomadaire d’environ 0,5 %. Le dollar se dirige vers sa première baisse hebdomadaire en cinq semaines, soutenant mécaniquement les métaux cotés en devise américaine.
Le marché reste partagé entre deux forces contraires. L’inflation américaine accélère, avec des prix à la production en hausse de 1,3 % en septembre, leur plus forte progression mensuelle depuis mars 2022. Les investisseurs anticipent donc toujours un possible resserrement monétaire de la Fed, même si une hausse dès octobre paraît moins probable.
D’un point de vue technique, l’once évolue dans une zone comprise entre 4 075 et 4 221 dollars, selon Kelvin Wong, analyste chez OANDA.Le rebond reste techniquement fragile tant que cette résistance n’est pas franchie.
En Inde, plusieurs sociétés de gestion, dont HDFC et ICICI Prudential, ont suspendu les nouvelles souscriptions à certains fonds de fonds adossés à des ETF or, à l’approche des fêtes religieuses. Les rachats et les versements programmés existants restent possibles. Une décision notable sur l’un des grands marchés mondiaux de l’or, même si ses motivations officielles ne sont pas précisées.
Le cours de l’argent
L’once s’échange à 57,49 dollars, soit 51,35 euros ce matin. En hausse de 2,81 % sur vingt-quatre heures en dollars, l’argent rebondit vers la zone de 58 dollars. Son évolution reste sensible à la fois au dollar, aux taux et aux perspectives industrielles.
Le cours du platine
Le platine cote à 1 631 dollars, soit 1 464,36 euros l’once ce matin. Le métal progresse de 1,87 % en dollars et se rapproche de la zone de 1 640 dollars, à surveiller comme résistance immédiate ; sa demande industrielle demeure un facteur déterminant.
Le cours du palladium
Il s’établit ce matin à 1 120 dollars, soit 1 017,08 euros l’once. En hausse de 2,75 % en dollars, il rebondit mais reste sous la zone de 1 160 dollars, sommet intrajournalier de référence observé jeudi ; le marché automobile reste essentiel à ses perspectives.
Géopolitique et économie
Europe : la crise énergétique divise les Vingt-Sept
Réunis à Bruxelles jeudi, les dirigeants européens ont demandé de nouvelles mesures pour limiter les effets de la hausse des prix énergétiques. Prolongation des aides aux industriels, optimisation des raffineries et achats groupés sont évoqués. Mais les désaccords persistent sur le marché carbone ETS : l’Italie et plusieurs pays d’Europe centrale souhaitent l’assouplir, tandis que l’Espagne et les pays nordiques défendent sa stabilité. Affaire à suivre !
Dette française : le Japon commence à retirer ses billes
C’est un signal préoccupant pour les finances françaises. Le gestionnaire japonais Sumitomo Mitsui DS Asset Management a vendu l’intégralité de ses obligations d’État françaises, réorientant ses capitaux vers la dette allemande et japonaise. Ce mouvement intervient alors que les investisseurs nippons détenaient encore environ 145 milliards de dollars d’obligations françaises en juillet. Avec la remontée des taux au Japon, conserver des titres français devient moins intéressant, particulièrement dans un contexte de déficits élevés et d’incertitudes politiques. La France pourrait ainsi perdre une source importante de financement au moment où elle prévoit 340 milliards d’euros d’émissions obligataires en 2027. Un retrait généralisé des investisseurs japonais n’est pas établi, mais il pourrait accentuer la hausse des taux français, puis renchérir le financement de l’État et, indirectement, celui des entreprises et des ménages.
Moyen-Orient : le pétrole au coeur de toutes les inquiétudes
Le Brent évolue vendredi autour de 105,21 dollars le baril, avec des inquiétudes persistantes sur les approvisionnements et la navigation dans le golfe Persique. Pour l’Europe, une énergie durablement chère complique le travail de la BCE : combattre l’inflation sans étouffer davantage l’activité.
À surveiller
→ France et BCE
L’écart OAT-Bund, proche de 140 points de base, et la capacité française à rassurer les investisseurs
→ Le cours de l’or
Il faudra surveiller la résistance des 4 221 dollars, les souscriptions aux fonds indiens et la trajectoire du dollar après son repli hebdomadaire.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
