Le cours de l’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec L’Actu de l’Or, recevez chaque mardi un résumé clair pour :
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 09/02/2026)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 3,75 %
- 231 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,7 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 57,3 ↗︎
- Valeur du Dow Jones : 50164 ↗︎
- Valeur du S&P 500 : 6967 ↘︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 09/02/2026)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 1,7 % ↘︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,2%
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -12,4
- Valeur Euro Stock 50 : 6068 ↗︎
- EUR/USD : 1,19 ↗︎
Évolution du cours de l’or
Après le creux du 2 février, le cours de l’or est reparti de l’avant, atteignant 4300 € et repassant au-dessus de 5000 $ l’once, avant de connaître de nouvelles perturbations, moins importantes que la semaine passé pour finir par se stabiliser autour des 4250€ et 5000 $ l’once le lundi 9 février à la clôture.
Techniquement, entre le 2 et le 9 février, l’or a surtout fait ce que font les grands bull markets après un “accident de parcours” : il a rebondi violemment sur ses supports, puis a cherché un nouvel équilibre entre la peur d’un resserrement monétaire plus dur et la conviction que, malgré tout, le monde reste assez instable pour justifier des prix très élevés.
Un rebond record
Dès le 3 février, le métal efface une partie de la débâcle de fin janvier. Après l’épisode Warsh et la chute fulgurante liée aux appels de marge, l’or rebondit d’environ 5 % en une séance pour revenir autour de 4 910–4 930 $ l’once, ce que certains commentateurs décrivent comme l’un des plus forts rebonds journaliers depuis vingt ans. Ce sursaut tient à plusieurs choses : d’abord, de nombreux investisseurs de long terme ont profité de la cassure pour “acheter le creux”, convaincus qu’il s’agissait d’une correction technique dans un marché structurellement haussier. Ensuite, les flux vers les ETF or n’ont jamais vraiment cessé : le mois de janvier s’est terminé sur 4,39 milliards de dollars d’entrées nettes dans les fonds adossés à l’or et plus de 3,6 milliards dans les ETF de mines aurifères, huitième mois consécutif de flux positifs. Ce matelas d’investisseurs “patients” rend la baisse plus difficile à prolonger : dès que la panique des vendeurs forcés retombe, la demande latente se manifeste.
Des perspectives monétaires plus équilibrées
Sur le front monétaire, le marché commence aussi à relativiser le “choc Warsh”. Des analyses publiées début février décrivent le futur président de la Fed comme un “faucon colombe” : certes plus dur sur la taille du bilan, mais pas forcément décidé à monter brutalement les taux. Il défend même un cocktail paradoxal de baisse des Fed funds accompagnée d’une réduction du bilan, conçu pour soutenir l’économie réelle tout en retirant de la liquidité aux marchés financiers. Cette nuance arrive un peu tard pour éviter la déroute de fin janvier, mais elle suffit à calmer le scénario-catastrophe d’un cycle de resserrement classique. Les anticipations de baisses de taux en 2026 ne disparaissent pas ; elles deviennent simplement plus “conditionnelles”, ce qui limite autant la poursuite de la chute que la possibilité d’un retour immédiat vers les sommets de 5 500–5 600 $.
Le jeu des devises
C’est dans ce paysage mitigé que se joue la trajectoire de l’or en euros. Le 2 février, la paire EUR/USD est encore proche de ses hauts récents, mais la correction se met en place : des signaux techniques la voient glisser sous 1,18 $ et tester une zone de support autour de 1,1730, avec un biais plutôt baissier tant qu’elle reste sous 1,1880. Autrement dit, pendant que l’or se redresse au‑dessus de 4 900 $ puis oscille autour de 4 950-5 000 $, le dollar reprend un peu de vigueur. Pour un investisseur de la zone euro, cela signifie que le rebond en euros est légèrement moins spectaculaire qu’en dollars : l’once revient vers 4 300 € les 3-4 février, puis se stabilise autour de 4 246 € pour environ 5070 $ à la clôture du lundi 9, ce qui reflète à la fois un prix dollar encore très élevé et un euro un peu moins fort qu’en janvier. Sans ce mouvement de change, nos graphiques montreraient un rebond encore plus marqué en euros.
La demande chinoise reste solide
La demande physique asiatique, elle, joue un rôle de “bruit de fond” plutôt que de déclencheur. Fin janvier, les primes en Inde avaient explosé à un plus haut de dix ans, au‑delà de 70 $ l’once, sur fond de rumeurs de hausse de droits de douane et de ruée des épargnants vers l’or. La semaine suivante, le budget indien maintient finalement la fiscalité en l’état, ce qui calme la spéculation : les primes ont été réduite de moitié, autour de 30–35 $ l’once, signe que de nombreux acheteurs attendent de voir où se stabilise le prix mondial. En Chine, en revanche, la demande reste étonnamment robuste : les primes passent de 32 à environ 35 $ l’once, portées par la préparation du Nouvel An lunaire et par un intérêt persistant pour l’or d’investissement, malgré des prix toujours proches des records. Ces divergences régionales n’expliquent pas les grands zigzags de la courbe, mais elles contribuent à ancrer l’idée que, même après un mini‑krach, personne n’a “abandonné” le métal.
Les ETF stabilisent le marché
Enfin, il faut mentionner le rôle des ETF et des marchés dérivés, qui restent extrêmement actifs après la secousse. Le World Gold Council note que, malgré la chute de fin janvier, les encours des ETF or continuent de progresser début février, avec des volumes de trading quotidiens autour de 23 milliards de dollars, en hausse de 160 % par rapport au mois précédent. Les volumes sur le marché de gré à gré de Londres (LBMA) et sur les grandes bourses de dérivés (COMEX, etc.) explosent eux aussi, respectivement à 280 milliards et 320 milliards de dollars par jour. Cette hyper‑activité accroît la volatilité intrajournalière, d’où les “perturbations” que l’on a pu observer sur quelques séances, mais elle permet aussi au marché de trouver rapidement un nouveau point d’équilibre, autour de 4 250 € et 5070 $ l’once au 9 février. Les investisseurs de long terme continuent d’entrer via les ETF, tandis que les traders intraday, échaudés par le précédent, réduisent un peu leur levier, ce qui rend les oscillations moins extrêmes que la semaine précédente.
En filigrane, la semaine du 2 au 9 février montre donc que, malgré la purge violente de la semaine précédente, ni les fondamentaux (banques centrales acheteuses, flux massifs vers les ETF, demande asiatique solide) ni le contexte global (dettes, géopolitique, crainte sur les devises) n’ont disparu. L’or a repris sa marche en avant, simplement sur une pente moins verticale. Et pour un investisseur européen, la combinaison d’un prix dollar encore très élevé et d’un euro légèrement affaibli explique pourquoi, malgré toutes ces secousses, l’once reste solidement campée au‑dessus des 4 200 € en ce début février.
Bibliographie
- Cours de l’or par Veracash (https://www.veracash.com/fr/cours-or)
- World Gold Council (https://www.gold.org)
- Reuters (https://www.reuters.com/markets/)
- CME Group (https://www.cmegroup.com/)
Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.



