À retenir
- Pétrole contre or : Le Brent franchit 90 $ à Ormuz tandis que l’or se fige autour de 4000 $.
- Alerte inflation : Face à cette nouvelle escalade, la Fed et la Bundesbank menacent de relever leurs taux à la rentrée.
- Fièvre des fusions : Le marché mondial explose (+42 %), ignorant superbement l’escalade militaire.
Or et métaux précieux
Le cours de l’or spot s’établit ce matin autour de 4 003 $ l’once, fluctuant étroitement de part et d’autre de sa résistance psychologique clé des 4 000 $ après avoir subi un net recul de plus de 2 % la semaine dernière.
Sur les marchés asiatiques (Singapour), le métal jaune fait face à une pression baissière liée à l’aggravation du conflit sino-américain et américano-iranien au Moyen-Orient. Cette escalade a propulsé le baril de brut Brent au-delà des 90 $, ravivant de fortes craintes inflationnistes et alimentant les paris des traders quant à la nécessité pour la Réserve fédérale d’augmenter ses taux d’intérêt cette année.
Graphiquement, l’or montre une configuration de bas et de hauts de plus en plus bas à court terme, évoluant sous ses moyennes mobiles journalières à 21 et 55 périodes (EMAs), ce qui maintient le momentum baissier intact. Les analystes de marché (comme rapporté par Reuters et Bloomberg) identifient désormais des niveaux de support immédiats cruciaux compris entre 3 989 $ et 3 945 $ l’once, tandis que les résistances techniques à franchir pour valider un rebond durable se positionnent fermement à 4 040 $ et 4 074 $.
Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium
L’ensemble du compartiment des métaux précieux et des métaux du groupe du platine (MGP) continue de subir les répercussions d’un dollar américain ferme et des anticipations de taux d’intérêt élevés prolongés aux États-Unis.
Le cours de l’argent à 56 $ l’once
Le métal gris tente de consolider sa position après d’importantes corrections subies ces dernières semaines. Sur le plan technique, il s’appuie sur une zone de soutien à court terme très surveillée à 55,50 $ et 54,40 $, tandis que la dynamique haussière reste bloquée par des barrières de résistance immédiates à 57,50 $ et 58,80 $.
Le cours du platine à 1 583 $ l’once
Le cours a glissé sous son niveau charnière récent, renforçant la pression des vendeurs à court terme. Les fixings techniques en Asie mettent en évidence un test de la zone de support critique située autour de 1 565 $ – 1 580$, tandis que les rebonds techniques se heurteront à une résistance immédiate vers 1 610 $.
Le cours du palladium en repli à 1 225 $ l’once
Très corrélé à l’activité industrielle globale et pénalisé par le climat économique global, le palladium oscille au cœur de sa zone de démarcation de sécurité technique basse (1 220 $ – 1 234 $). Le franchissement de la résistance des 1 250 $ demeure impératif pour espérer amorcer une stabilisation durable du marché.
Géopolitique et économie
L’escalade militaire franchit un cap critique au Moyen-Orient
Les États-Unis ont mené leur neuvième nuit consécutive de frappes stratégiques contre l’Iran. En réaction, le blocus de fait du détroit d’Ormuz pousse le baril de Brent au-delà des 90 dollars ce matin en Asie (+13 % sur un mois), tandis que le WTI franchit temporairement les 85 dollars.
Aux États-Unis, les prix à la pompe bondissent déjà vers les 4 dollars le gallon, un seuil d’alerte. Le vice-président de la Réserve fédérale a immédiatement prévenu qu’une hausse des taux d’intérêt sera envisagée si cette poussée énergétique réveille l’inflation.
Pendant ce temps, la finance mondiale ignore superbement le bruit des bottes
Le marché des fusions-acquisitions (M&A) signe un premier semestre record à 2 900 milliards de dollars (+42 % sur un an) et fonce vers les 6 000 milliards, selon les projections de Bank of America.
Les méga-deals s’enchaînent, portés par le virage antitrust ultra-permissif de l’administration Trump et un assouplissement doctrinal de la Commission européenne.
L’Europe participe activement à cette consolidation : le rachat historique de l’allemand Delivery Hero par Uber pour 12,7 milliards d’euros côtoie le démantèlement de SFR en France pour 20 milliards d’euros au profit d’Orange, Bouygues et Iliad. Le marché des M&A français bondit ainsi de 57 % sur le semestre, atteignant les 106,6 milliards de dollars, selon LSEG.
Signaux faibles
La trêve estivale de la BCE en sursis
Ce jeudi, Francfort devrait opter pour le statu quo et maintenir son taux de dépôt à 2,25 % grâce à une inflation retombée à 3,6 % en juin.
Toutefois, la nouvelle flambée du Brent à 90 dollars pousse les faucons de la Bundesbank à réclamer une hausse de précaution dès septembre.
La grande fuite des multinationales françaises
Schneider, Publicis et Servier accélèrent massivement leurs acquisitions aux États-Unis, selon Goldman Sachs. Ce déploiement outre-Atlantique sert d’amortisseur discret face aux inquiétudes concernant l’état des finances publiques françaises et les prochaines échéances électorales.
Fébrilité tech en Asie
Alors que Tokyo est fermée, Séoul a décroché de 4 % ce lundi matin, minée par les doutes sur les valorisations de l’intelligence artificielle, tandis que Shanghai attend un plan de relance de Pékin, selon Les Échos.
L’agenda macroéco de la semaine
→ Jeudi 23 juillet
Décision de politique monétaire de la BCE. Le statu quo attendu sera scruté à la loupe via le discours de Christine Lagarde sur l’impact de la crise du détroit d’Ormuz. L’orientation des taux d’intérêt de l’épargne européenne dépend de cette décision.
→ Vendredi 24 juillet
Publication des indices PMI flash de la zone euro pour juillet. Premier indicateur réel pour mesurer si le choc pétrolier actuel paralyse déjà l’activité industrielle française et allemande.
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Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
