À retenir
- L’or recule à 4 055 $, pénalisé par les divisions internes de la Fed sur les taux.
- Le Brent dépasse 80 $ suite au retour des tensions armées américano-iraniennes à Ormuz.
- Le marché obligataire sature face aux levées de fonds colossales liées aux infrastructures IA.
Or et métaux précieux
Le cours de l’or spot subit une nette dégradation technique en oscillant autour des 4 055 $ l’once, marquant une baisse intraday après avoir échoué à se maintenir au-dessus du support psychologique des 4 100 $.
Le marché digère la publication des dernières minutes de la Réserve fédérale (Fed) révélant une division interne sur de futures hausses de taux, ce qui pèse lourdement sur le métal non-rémunérateur. Ce facteur l’emporte à court terme sur la remontée de la prime de risque géopolitique liée à la reprise des affrontements armés directs entre les États-Unis et l’Iran à Ormuz.
D’un point de vue graphique, la structure s’est affaiblie à court terme suite à la validation d’un « Death Cross » (croisement de la moyenne mobile à 50 jours sous la moyenne mobile à 200 jours) au début du mois.
Le cours évolue désormais sous sa moyenne mobile à 20 semaines et teste la ligne de cou d’une configuration majeure en « Tête et Épaules » sur les graphiques hebdomadaires.
Une rupture définitive de cette zone technique clé exposerait le métal jaune à une capitulation plus profonde vers de bas supports historiques, tandis qu’un franchissement de la résistance des 4 300 $ sera indispensable pour espérer invalider cette dynamique baissière globale.
Wait and see…
Analyse technique des cours de l’argent, du platine et du palladium
L’argent à 58 $ l’once
Le métal gris subit une nette correction institutionnelle sous les coups de boutoir de la Fed et abandonne le pivot psychologique des 60 $ pour s’établir à 58 $, effaçant une partie de sa performance récente malgré un soutien technique résiduel sur ce niveau.
Le platine à 1 598 $ l’once
Le platine cède à la pression globale du complexe des précieux et enfonce de justesse son plancher de court terme pour glisser à 1 598 $, testant une zone de support majeure.
Le palladium à 1 211 $ l’once
Le métal automobile accuse un net repli à 1 211 $, s’éloignant de ses résistances clés pour venir tester la borne basse de sa structure de consolidation, l’incertitude macroéconomique pesant temporairement sur ses perspectives industrielles.
Géopolitique et économie
Détroit de Ormuz : de la trêve au choc de coercition maximale
L’affrontement ouvert reprend au Moyen-Orient. Après des attaques contre des navires marchands au large d’Oman, Washington a révoqué la levée des sanctions sur le brut iranien, brisant l’accord signé trois semaines plus tôt.
Au sommet de l’OTAN à Ankara, Donald Trump a acté la fin de la trêve. Le Pentagone déploie désormais une stratégie d’attrition visant à détruire les bases logistiques des Gardiens de la révolution sur les îles du détroit pour restaurer la liberté de navigation. Ce retour à la pression maximale a propulsé le Brent au-dessus des 80 dollars. Pour la zone euro, ce choc pétrolier réactive le risque inflationniste et complique, à nouveau, l’équation de la BCE.
L’infrastructure IA dope et sature le marché obligataire
La frénésie de l’intelligence artificielle sature les marchés de la dette d’entreprise. Depuis janvier, Meta, Nvidia et Oracle ont émis chacun 25 milliards de dollars d’obligations pour financer leurs serveurs, et Amazon a levé 37 milliards, selon The Economist. Morgan Stanley anticipe jusqu’à 400 milliards de dollars d’émissions de haute qualité liées à l’IA en 2026. Si les spreads des géants restent bas à 0,8 point, le déluge de « junk bonds » émis par les nouveaux acteurs du cloud (CoreWeave, Nebius) inquiète.
La Banque des règlements internationaux (BRI) avertit d’ailleurs que les rendements réels de l’IA pourraient s’avérer insuffisants pour honorer ces dettes à long terme.
À surveiller
→ L’impact de la flambée du Brent sur les marchés actions européens
Le franchissement des 80 $ va peser sur les secteurs de l’industrie et des transports à Paris et Francfort, tout en dopant à court terme les valeurs énergétiques et de défense. L’or réagit pour l’instant à la baisse.
→ La publication des indices CPI d’inflation
Les chiffres de l’inflation aux États-Unis et en Chine permettront de valider si la thèse hawkish de Kevin Warsh est justifiée. Pour l’épargnant français, une inflation américaine persistante cimentera des taux d’intérêt élevés, pénalisant l’immobilier et les obligations. À court terme, une accélération de l’inflation américaine ferait grimper le dollar, ce qui pourrait faire refluer le cours de l’or spot libellé en USD. En revanche, pour un résident de la zone euro achetant en monnaie locale, la faiblesse mécanique de l’euro face au billet vert amortit généralement ces corrections, maintenant la valeur refuge attractive dans un portefeuille diversifié.
Ce contenu est publié à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
