Depuis 1965, une Française mariée peut ouvrir un compte bancaire et disposer librement de ses revenus sans demander l’autorisation de son époux. Cela semble si proche !
61 ans plus tard, l’autonomie financière des femmes est pourtant très incomplète. Dans le couple, posséder un compte personnel et une épargne à son nom demeure une précaution essentielle.
Sans parler de la responsabilité de la stratégie patrimoniale qui reste encore trop souvent la chasse gardée de l’homme.
L’essentiel
- Les femmes peuvent ouvrir un compte en banque sans leur mari depuis 1965.
- Mais l’indépendance financière est encore loin d’être acquise : comptes joints et gestion budgétaire commune sont toujours d’actualité.
- En 2026, les femmes doivent s’approprier la gestion du patrimoine et les outils d’autonomie financière.

1965 : les femmes mariées accèdent enfin à l’autonomie bancaire
Le 13 juillet 1965, la France adopte une loi qui réforme les régimes matrimoniaux. Jusqu’alors, une femme mariée ne pouvait pas exercer une profession ni ouvrir librement un compte bancaire sans le consentement de son mari.
En d’autres mots, on peut connaître une grand-mère ou même une mère qui n’avait pas le droit d’ouvrir un compte en banque seule quand elle s’est mariée.
Un nouveau régime patrimonial et une autonomie sociale et fiscale
L’autre grande avancée de cette loi, c’est l’introduction de la communauté réduite aux acquêts comme régime matrimonial par défaut. Autrement dit, les biens obtenus avant le mariage ne tombent pas dans le pot commun.
Le mouvement s’est poursuivi lentement, très lentement. Depuis 2022, le salaire et certaines prestations sociales doivent être versés sur un compte dont le bénéficiaire est titulaire ou cotitulaire. L’objectif est clair : éviter qu’une personne ne dépende totalement du compte de son conjoint. Et depuis l’introduction du prélèvement de l’impôt à la source, le taux individualisé d’impôt est apparu. C’est la règle par défaut depuis 2025. Seul bémol, le paiement de l’impôt reste solidaire. Si l’un des deux fait défaut, le Fisc ira chercher l’argent chez l’autre.
Le compte joint, outil pratique ou recul de l’indépendance financière
Dans la vie quotidienne, le partage des dépenses reste incontournable : logement, énergie, courses, enfants, vacances ou crédits. Le compte joint reste donc largement utilisé.
Selon une étude YouGov réalisée pour MoneyVox en 2025, 59 % des personnes en couple possèdent un compte joint. Parmi elles, 53 % y versent l’intégralité des revenus du foyer. À l’inverse, 44 % privilégient une organisation intermédiaire : une partie des ressources est mutualisée, tandis que chacun conserve de l’argent sur un compte personnel.
Le compte « commun » a ses limites. Un défaut bancaire sur le compte joint peut également conduire à une interdiction pour les deux cotitulaires. Cette interdiction peut s’étendre à leurs comptes personnels. Il est possible de désigner à l’avance un cotitulaire responsable des incidents de paiement. Sans cette précaution, chacun supporte les conséquences de la gestion de l’autre. Les notaires et les avocats ont des centaines d’histoires glauques à raconter avec des doubles vies, des dettes de jeu, des multiplications de souscription de prêts à la consommation… Tout ça dans le dos du « cotitulaire ».
La théorie des pots de yaourt : des dépenses égales, mais pas le même patrimoine
Popularisée par l’essayiste féministe Titiou Lecoq dans son ouvrage « Le Couple et l’Argent », la « théorie des pots de yaourt » décrit une répartition apparemment équitable, mais défavorable aux femmes sur le long terme. Dans de nombreux couples, celles-ci prennent davantage en charge les courses alimentaires, les vêtements des enfants, les fournitures scolaires ou les dépenses du quotidien. Cet argent finance des biens consommés rapidement, qui ne laissent aucune valeur durable. Il reste des pots de yaourt vides dans la poubelle.
Les hommes financent plus souvent la voiture, les travaux ou le remboursement du logement, c’est-à-dire des dépenses qui contribuent à constituer un patrimoine. En cas de séparation, l’une repart symboliquement avec ses pots de yaourt vides, tandis que l’autre conserve une part plus importante des biens acquis.
L’égalité ne consiste donc pas seulement à dépenser autant chaque mois. Elle suppose aussi de vérifier qui finance ce qui restera dans cinq, dix ou vingt ans.
De l’importance d’avoir un compte personnel en dehors de la sphère familiale
Cette proposition d’avoir un compte vraiment personnel, ailleurs que dans l’établissement bancaire familial, n’est pas une invitation à la séparation. Conserver un compte à son nom ne signifie pas cacher de l’argent à son conjoint. Il s’agit de distinguer les dépenses communes, les projets familiaux et la véritable autonomie financière personnelle. C’est l’esprit 2026 de la loi de 1965.
Vers une véritable autonomie financière des femmes
Cette autonomie financière est encore loin d’être acquise. Selon une enquête Ifop publiée en 2025, 28 % des femmes qui vivent en couple ne disposent pas d’un compte courant personnel.
La dépendance financière peut devenir particulièrement grave en cas d’incidents économiques du couple : contrôle des dépenses, confiscation des revenus, interdiction de travailler, dettes contractées au nom de la conjointe ou absence d’accès aux comptes.
Même en dehors de ces situations, une séparation ou un divorce révèle rapidement les déséquilibres. Selon l’Insee, le niveau de vie médian des femmes diminue de 18 % l’année d’une rupture, contre 8 % pour les hommes.
Une épargne personnelle permet alors de payer un dépôt de garantie, faire face à une dépense urgente, absorber une perte de revenus ou simplement disposer de quelques semaines pour prendre des décisions sans pression financière.
Les femmes gèrent le budget, mais moins souvent le patrimoine
Les femmes ne s’intéressent pas moins à l’argent. Elles restent cependant davantage associées à la gestion quotidienne du foyer (les pots de yaourts) qu’aux décisions de placement et de constitution du patrimoine.
Une étude observe ainsi que seules 28 % des femmes se considèrent compétentes en matière d’épargne et de placements, contre 51 % des hommes.
Le sondage OpinionWay pour AuCOFFRE, réalisé en juin 2026 auprès de 1 752 personnes, confirme ce décalage. En cas de crise économique, 27 % des femmes ne savent pas vers quel placement se tourner, contre 18 % des hommes. La moitié des femmes interrogées ne savent pas quelle part l’or pourrait occuper dans un patrimoine équilibré, contre 44 % des hommes.
Pourtant, 19 % des femmes déclarent déjà posséder de l’or. Parmi leurs motivations potentielles d’achat, 25 % citent la transmission aux enfants ou petits-enfants, 19 % la volonté de sortir une partie de leur épargne du système bancaire et 15 % la protection contre l’inflation.
Patrimoine, compte commun, comptes personnels : un équilibre à construire
Une organisation simple peut reposer sur trois étages : un compte joint pour les charges du foyer, un compte personnel et une réflexion à deux niveaux sur la constitution du patrimoine : patrimoine commun, patrimoine personnel.
L’équité économique dans le couple
Les versements sur le compte joint peuvent être proportionnels aux revenus plutôt qu’identiques. Une contribution strictement égale pénalise en effet la personne qui gagne le moins et réduit mécaniquement sa capacité d’épargne.
Chaque femme en 2026 devrait avoir un compte vraiment perso !
Le compte personnel doit rester réellement disponible et utilisable sans (ou malgré) l’intervention du conjoint. Il peut accueillir une épargne de précaution, quelques mois de dépenses ou une petite part de patrimoine diversifiée.
Veracash peut s’inscrire dans cette logique. Le compte est individuel, doté d’un IBAN en France (il n’a pas à être déclaré aux impôts comme compte à l’étranger) et associé à une carte Mastercard. Les avoirs sont adossés à de l’or et de l’argent physiques stockés hors du système bancaire traditionnel, tout en restant disponibles pour des paiements ou des virements.
Plus de 60 ans après le droit d’ouvrir un compte sans l’autorisation de son mari, l’étape suivante consiste à transformer cette liberté juridique en autonomie concrète : avoir accès à son argent, comprendre son patrimoine et conserver une épargne réellement personnelle. Le chemin est encore long.
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