À retenir
- 4 134 $ : l’or se stabilise après avoir touché un plus bas de deux mois.
- Plus de 5 % : le taux français à 10 ans a franchi temporairement ce seuil.
- 80 % : les marchés anticipent une hausse des taux de la Fed en décembre.
Or et métaux précieux
L’or spot évolue autour de 4 134 dollars l’once jeudi matin, soit environ 3 690,50 euros, contre 4 134 dollars et 3 680,90 euros mercredi.
Le métal jaune tente de se reprendre après avoir touché mercredi son niveau le plus bas depuis le 5 août. En début de séance asiatique, les cours consultés relevaient une hausse de 0,7 %, à 4 141,09 dollars l’once, favorisée par le repli du dollar après un sommet de 18 mois. La pression reste néanmoins importante car la remontée des rendements obligataires américains et les anticipations de nouvelles hausses des taux de la Réserve fédérale continuent de peser sur le métal jaune.
Le compte rendu de la réunion de septembre de la Fed révèle des désaccords entre ses membres. Certains souhaitent relever les taux pour empêcher les tensions énergétiques de nourrir durablement l’inflation, tandis que d’autres s’inquiètent également d’une inflation portée par la demande. Selon CME FedWatch, les marchés attribuent 18 % de probabilité à une hausse en octobre, contre 80 % en décembre.
Sur le plan technique, l’or tente de se stabiliser après son récent décrochage. Le seuil de 4 275 dollars, cité par Chris Weston de Pepperstone, constitue un niveau à surveiller pour apprécier la solidité d’une éventuelle reprise. Le point bas du 7 octobre sous les 4 100 dollars.
Argent, platine et palladium
Le cours de l’argent est à environ 60 dollars l’once, soit environ 53,64 euros
Le métal recule à peine par rapport aux 60,59 dollars de mercredi. Le passage sous 60 dollars constitue un seuil psychologique à surveiller, sans suffire à confirmer une tendance technique.
Le cours du platine à 1 660 dollars, soit environ 1 494 euros
La presse financière observe une importante volatilité intrajournalière pour le platine.
Le cours du palladium à 1 127 dollars, soit environ 1 026 euros.
Il cède 15 dollars par rapport à mercredi, mais est lui aussi soumis à une importante volatilité intrajournalière.
Géopolitique et économie
La dette française agite la planète finance
La France est désormais scrutée dans les salles de marché de Londres et de New York. Le rendement des obligations françaises à dix ans a temporairement dépassé 5 %, tandis que l’écart avec les taux allemands avoisine 1,5 point. Les investisseurs s’inquiètent de la trajectoire budgétaire et de l’incertitude politique à l’approche de la présidentielle de 2027. Le prochain rendez-vous sensible sera le 23 octobre, avec une possible révision de la note française par Moody’s, selon les informations fournies dans Les Échos ce matin.
Mais il faut distinguer tensions financières et crise bancaire. Selon Moody’s, les banques françaises détiennent l’équivalent d’environ 2 % de leur bilan en dette souveraine nationale, contre 3,5 % en moyenne européenne. Le risque immédiat apparaît donc limité ; les inquiétudes portent davantage sur une éventuelle transmission des taux élevés aux entreprises et aux ménages…
La BCE face à une équation délicate
À 13 h 30 ce jeudi, la BCE doit publier le compte rendu de sa réunion de septembre. Depuis sa dernière hausse des taux, l’inflation a accéléré, mais les rendements obligataires ont également augmenté. Le durcissement des conditions de financement pourrait donc limiter la nécessité d’une nouvelle hausse rapide des taux directeurs. Pour les ménages français, l’enjeu concerne notamment le coût des crédits immobiliers et le financement des entreprises.
Le FMI met en garde contre trois chocs simultanés
Énergie chère, dette publique record et essor de l’intelligence artificielle : Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a dressé mercredi un tableau préoccupant de l’économie mondiale. Le conflit au Moyen-Orient entretient les tensions énergétiques, tandis que les investissements massifs dans l’IA stimulent la demande et peuvent accentuer les pressions inflationnistes. Le FMI souligne également les risques d’une concentration excessive des investissements technologiques.
La Chine continue d’acheter de l’or
La Banque populaire de Chine a augmenté ses réserves d’or en septembre pour le 23e mois consécutif. Ses avoirs déclarés atteignent 77,47 millions d’onces fines, contre 76,73 millions fin août. Ces achats se poursuivent malgré la correction du cours du métal en septembre. Ils illustrent la place persistante de l’or dans la gestion des réserves officielles chinoises.
À surveiller
→ La publication du compte rendu de la BCE et les inscriptions hebdomadaires au chômage américain.
Ces deux indicateurs sont importants pour comprendre les prochaines décisions monétaires, et donc les évolutions du cours de l’or.
→ Les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok
Elles se tiendront du 12 au 18 octobre, avec de nouvelles perspectives économiques mondiales.
→ Les réactions des places de marché à la dette française
→ L’évolution du cours de l’or en réaction à tous ces facteurs.
Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
