Après avoir vacillé sous la fermeté de la Fed de Warsh hier, l’or efface sa purge et rebondit à 4 321 $ ce jeudi grâce aux achats physiques en Asie.
Or et métaux précieux
L’or spot affiche un net rebond technique à 4 321,60 $ l’once ce matin. Ce sursaut efface la purge de la veille, où l’annonce d’une Fed ultra-ferme avait lourdement sanctionné le métal jaune, le poussant à clôturer autour des 4 255 $. Ce plancher touché hier soir a finalement servi de trampoline à l’ouverture des marchés asiatiques, où la demande physique a immédiatement profité de la décote pour orchestrer ce retour de force au-dessus du pivot clé des 4 300 $. Le RSI horaire s’extirpe de sa zone de neutralité pour remonter vers 55, confirmant un retour du momentum acheteur à l’approche de la signature de Genève. Les traders réengagent une partie de la prime de risque géopolitique, anticipant les frictions logistiques réelles du déminage du détroit d’Hormuz. Si le cours clôture ce soir au-dessus des 4 320 $, la configuration haussière vers les sommets d’avril sera techniquement réactivée.
Cours de l’argent, du platine et du palladium
Pour les autres métaux précieux :
- Cours de l’argent : Le métal gris s’accroche nerveusement à son plancher institutionnel des 69,00 $, consolidant dans un range étroit en attendant une rupture franche des 70,00 $.
- Cours du platine : Le platine consolide sa récente poussée en oscillant juste sous le seuil technique des 1 760 $, soutenu par les espoirs de normalisation de l’industrie automobile mondiale.
- Cours du palladium : Le palladium respire après son récent rallye vertical, trouvant un support technique immédiat sur les 1 310 $ alors que la logistique maritime reste suspendue aux signatures de vendredi.
Géopolitique et économie
C’est un véritable séisme au sommet de la Réserve fédérale américaine. Pour son baptême du feu, Kevin Warsh a maintenu les taux inchangés à 3,50–3,75 %, mais a surtout dévoilé un dot plot ultra-offensif qui raye de la carte les baisses de taux promises pour 2026.
En coulisses, la cohabitation avec Jerome Powell, resté gouverneur votant, tourne à la guerre froide institutionnelle autour de la suppression des indications prospectives.
Pour légitimer ce coup de vis, la Fed s’est appuyée sur le rapport de l’AIE publié à la mi-journée, qui acte l’effondrement du Brent sous les 79 $ le baril après le mémorandum américano-iranien.
Toutefois, cette accalmie sur l’énergie n’est qu’un espoir sur papier : l’accord ne sera signé que vendredi à Genève, le déminage du détroit d’Hormuz prendra des semaines, voire des mois, et Israël refuse de stopper ses opérations au Liban.
Pour l’Europe et la France, ce décalage monétaire signifie un dollar fort prolongé, ce qui va renchérir le coût des importations européennes et compliquer la trajectoire de baisse des taux de la BCE.
En parallèle, le sommet du G7 à Évian s’est clôturé sur une dynamique de front commun économique, les puissances verrouillant des sanctions accrues sur le gaz russe et des livraisons de défense pour Kiev.
À retenir
Le « Trump Trade » à la vitesse d’un tweet
La journée du lundi 15 juin a montré à quel point la tuyauterie des marchés financiers est devenue ultra-sensible au sensationnalisme numérique. Il a suffi d’un simple post de Donald Trump sur Truth Social annonçant un accord de principe avec l’Iran pour que les contrats à terme (Futures) du Nasdaq et du S&P 500 bondissent instantanément de plus de 1 % pendant la nuit, tandis que les bourses asiatiques (Nikkei et Kospi) s’offraient des rallyes d’anthologie à +5 % au réveil. Un emballement algorithmique massif sur une paix qui, comme on l’a dit, n’est pourtant pas encore signée.
Descente d’organes pour les stocks mondiaux de pétrole
L’AIE a révélé discrètement que les stocks de pétrole des gouvernements de l’OCDE ont fondu de 163 millions de barils, atteignant leur plus bas niveau depuis décembre 1990 en raison des tirages d’urgence. Une situation à surveiller de très près.
Ce qu’il faut surveiller
→ La riposte sur l’or physique de Shanghai (Chine) : La purge de l’or sous les 4 260 $ provoquée par la Fed à New York a trouvé son terminus en Asie ce matin. L’envolée immédiate de la prime physique sur le Shanghai Gold Exchange (SGE) prouve que les acheteurs chinois ont massivement profité de la décote, bloquant net la chute pour propulser le rebond actuel à 4 321 $.
→ L’effet « amortisseur » de l’Euro (France) : Si la Fed durcit le ton et que la BCE continue de baisser ses taux, l’euro va s’affaiblir face au dollar. Pour un épargnant français, cela signifie que la baisse de l’or en dollars sera gommée en euros : la valeur de son or physique à la maison restera stable.
→ L’échéance de Genève (Moyen-Orient)
Le marché des métaux précieux a corrigé sur la seule promesse de l’accord de paix USA-Iran. L’élément décisif reste la signature officielle prévue ce vendredi 19 juin en Suisse : le moindre contretemps diplomatique, les défis logistiques du déminage réel d’Hormuz ou un coup d’éclat géopolitique de dernière minute agira comme un facteur déclencheur pour réengager instantanément la prime de risque, influençant par ricochet le cours de l’or.
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Anaïs est responsable éditoriale freelance spécialisée dans la finance résiliente et la communication de marque en environnement réglementé.
Elle coordonne la production de contenus pédagogiques à destination des épargnants et des investisseurs chez Veracash et AuCOFFRE.com.
Son approche combine rigueur factuelle, exigence rédactionnelle et connaissance des cadres réglementaires.
