Peak Gold : vers une pénurie d'or ?

Le peak gold , ou pic de production aurifère en français, alimente depuis quelques années les débats dans le secteur des métaux précieux. Cette théorie soutient que la production mondiale d’or aurait atteint, ou serait sur le point d’atteindre, un sommet, après lequel elle déclinerait inexorablement.
Que recouvre cette théorie et quelles sont les données qui la soutiennent ? Et quelles pourraient être les conséquences pour ceux qui s’intéressent à l’or d’investissement ?

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est publié à titre d’information. Il n’est pas un conseil d’investissement. Seuls les Conseillers en Investissement Financiers (CIF) sont habilités à conseiller les investisseurs. 

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Qu'est-ce que le peak gold ?

Les facteurs qui influencent le cours de l’or sont nombreux. Dans une économie de marché, des tensions sur l’offre conduisent à une hausse des prix. C’est pour cela que le concept de peak gold mérite votre attention.

Un concept inspiré du peak oil

Le terme « peak gold » s’inspire directement du célèbre « peak oil », théorisé pour le pétrole. Le principe mathématique est simple : toute ressource naturelle finie connaît une courbe de production en forme de cloche. Au début de l’exploitation, la production augmente progressivement au fil des découvertes et de l’amélioration des techniques d’extraction, atteint un maximum (le fameux « pic »), puis décline lorsque les gisements s’épuisent.

Pour l’or, ce pic ne signifie pas que les réserves sont épuisées, mais que la production ne peut plus augmenter, quels que soient les moyens déployés. Les gisements restants deviennent plus difficiles d’accès, moins concentrés, et donc trop coûteux à exploiter.

Les origines de la théorie

C’est Goldman Sachs qui, en 2015, a popularisé le concept de peak gold auprès du grand public. Randall Oliphant, alors président du World Gold Council, a relayé cette alerte en 2017. Plus récemment, en 2018, Ian Telfer, PDG fondateur de Goldcorp (devenu le premier producteur mondial après fusion avec Newmont), a déclaré au Financial Post : « Nous sommes au peak gold. Soit la production commence à baisser cette année, soit l’année prochaine, ou alors elle est déjà en train de baisser.« 


La production mondiale : entre records et stagnation

Des chiffres qui donnent à réfléchir

La production minière mondiale a connu une croissance quasi continue depuis les années 1970. En 2024, elle a atteint environ 3 661 tonnes, établissant un nouveau record. Mais ce chiffre mérite d’être nuancé : selon le World Gold Council, ce record dépasse à peine le précédent maximum de 2018. En six ans, la production n’a donc progressé que de 3 tonnes, un chiffre qui interpelle.

Entre 2018 et 2024, la production mondiale est restée stable, oscillant autour de 3 650 tonnes. Cette période de plateau contraste fortement avec les décennies précédentes, où la production augmentait régulièrement d’année en année.

La chute spectaculaire des découvertes

Côté découvertes, la tendance est encore plus marquée. Dans les années 1990, on comptait en moyenne 13 nouveaux gisements aurifères par an. Dans les années 2000, ce chiffre est tombé à 9. Depuis 2010, moins de 2 découvertes majeures sont enregistrées annuellement.

Aucune découverte majeure (supérieure à 2 millions d’onces) n’a été recensée en 2023 ni en 2024. Depuis 2020, seules six découvertes significatives ont été comptabilisées, totalisant 27 millions d’onces, soit une fraction infime de l’or produit durant cette même période.

Le cas emblématique de l'Afrique du Sud

L’Afrique du Sud illustre parfaitement le phénomène du peak gold national. Autrefois premier producteur mondial avec un pic dépassant 1 000 tonnes en 1970, l’Afrique du Sud est sortie du top 10 des producteurs mondiaux en 2020. Selon Stats SA (Statistics South Africa), au rythme d’extraction actuel, le pays n’aurait plus que 39 années de réserves accessibles.


Trois facteurs expliquent cette situation

L'épuisement des gisements "faciles"

Les gisements d’or les plus accessibles, situés près de la surface terrestre et présentant de fortes concentrations en métal précieux, ont été largement exploités. Les nouveaux gisements découverts sont généralement plus profonds, plus petits, et contiennent des concentrations d’or plus faibles, souvent autour d’une dizaine de grammes par tonne de minerai.

En pratique, il faut désormais extraire des milliers de tonnes de roches pour obtenir quelques grammes d’or. Résultat : de nombreux petits gisements ne sont tout simplement plus rentables et la quantité d’or “nouveau” augmente moins vite.

Des coûts de production en hausse

Le coût moyen de production d’une once d’or, mesuré par l' »All-In Sustaining Cost » (AISC), a atteint 1 456 dollars au troisième trimestre 2024, un niveau record. Cette augmentation s’explique par plusieurs facteurs : l’inflation sur les coûts de main-d’œuvre et d’énergie, l’augmentation des redevances minières, et les investissements croissants nécessaires pour maintenir la production.

Le délai entre découverte et exploitation

Un autre élément crucial est qu’il faut en moyenne 15 à 20 ans entre la découverte d’un gisement et le début de la production d’une mine. Ce délai, lié aux études géologiques, aux autorisations administratives et à la construction des infrastructures, signifie que même en cas de découverte majeure aujourd’hui, l’or ne serait extrait que dans les années 2040.


Les perspectives d'avenir

Vers une production en déclin ?

Certains analystes, comme Paul Manalo de S&P Global, projettent un pic de production en 2026. Selon l’US Geological Survey, il resterait environ 54 000 à 57 000 tonnes de réserves économiquement exploitables, soit approximativement 16 à 20 ans de production au rythme actuel.

On estime que 80 % de l’or disponible sur Terre aurait déjà été extrait. Ces chiffres suggèrent que la production mondiale pourrait effectivement amorcer un déclin progressif dans les prochaines années.

Les facteurs d'incertitude

Toutefois, plusieurs éléments tempèrent ces prédictions. Les technologies d’exploration progressent : géophysique aéroportée, analyses satellites, modélisation 3D et intelligence artificielle (comme Watson d’IBM utilisé par certaines compagnies minières) pourraient faciliter l’identification de nouveaux gisements.

Par ailleurs, la hausse du cours de l’or rend rentables des projets qui ne l’étaient pas auparavant, stimulant potentiellement de nouveaux investissements dans l’exploration.


Que signifie le peak gold pour les investisseurs ?

Un facteur parmi d'autres

Le peak gold constitue un élément structurel qui pourrait influencer le marché de l’or à long terme. Si la production décline tandis que la demande reste soutenue — notamment de la part des banques centrales qui ont acheté plus de 1 000 tonnes en 2024 — un déséquilibre entre offre et demande pourrait se créer. Pour ceux qui détiennent de l’or physique, le peak gold renforce l’intérêt d’un actif dont l’offre nouvelle se raréfie.

Cependant, il convient de noter que l’or possède une particularité : contrairement au pétrole qui se consume, l’or est presque infiniment recyclable. Les quelque 200 000 tonnes d’or déjà extraites depuis les origines de l’humanité existent toujours, sous forme de bijoux, de réserves bancaires, ou d’objets divers. Et cela fait une sacrée différence !

Une vision à long terme

Le peak gold rappelle une réalité fondamentale : l’or est une ressource rare par nature. Combinée à d’autres facteurs (demande des banques centrales, instabilité économique, inflation), cette rareté façonne le prix de l’or sur le long terme.

Pourquoi ces chiffres sont-ils importants pour vous ? Saisir le concept du peak gold, c’est mieux comprendre les effets de l’offre et la demande sur le cours de l’or .
En effet, le métal jaune ne se crée pas, ne se produit pas à volonté : il s’extrait, lentement, péniblement, et en quantités de plus en plus limitées. Et cela a des conséquences très concrètes sur son prix et la perception de sa valeur.

À retenir

Le peak gold ne doit pas dicter vos décisions à court terme, mais il rappelle pourquoi l’or reste un actif patrimonial pertinent dans un portefeuille diversifié :

  • Sa rareté physique en fait une réserve de valeur.
  • Il se recycle indéfiniment.
  • Contrairement aux monnaies, on ne peut pas « imprimer » de l’or.
  • La diversification de votre patrimoine reste la clé.

Comprendre le concept du peak gold, c’est mieux comprendre pourquoi l’or reste un des piliers de la diversification patrimoniale sur le long terme. Chez VeraCash, vous pouvez intégrer les métaux précieux dans votre épargne grâce à des solutions sécurisées et adaptées à votre quotidien.