Inflation et cours de l'or : quels impacts ?

Depuis 2022, l’inflation a ressurgi dans les gros titres de la presse et se ressent… dans nos portefeuilles. Entre hausse des prix à la consommation et prix des métaux précieux qui s’envolent, une question revient : pourquoi l’or grimpe-t-il quand l’inflation s’emballe ? Et surtout, faut-il s’attendre à voir le métal jaune continuer son ascension ? Décryptage d’une dynamique au cœur de l’économie moderne.

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La relation entre le cours de l'or et l'inflation

Pourquoi le prix du métal jaune varie-t-il? Plusieurs facteurs influencent le cours de l’or, mais l’inflation joue un rôle de premier plan. Décryptons cette mécanique.

Quand les prix grimpent, l'or aussi

Le principe est simple : quand votre pouvoir d’achat diminue, l’or conserve le sien. Entre 2022 et 2023, l’inflation française atteint des niveaux très élevés : +5,2 % en 2022, puis +4,9 % en 2023 selon l’Insee. Sur la même période, le cours de l’or a fortement progressé.

Prenons un exemple concret. Avec une inflation à 5 %, 10 000 euros sur un compte épargne perdent 500 euros de pouvoir d’achat en un an. À l’inverse, l’équivalent en or physique tend à s’apprécier. Ce n’est pas que l’or « crée » de la richesse magiquement : c’est que la monnaie perd de sa valeur face à un actif tangible et limité en quantité. Le cours monte mécaniquement. Schématiquement, un gramme d’or « contient » plus d’euros. Dans un contexte déflationniste, c’est l’inverse : un gramme d’or permet d’acheter moins de choses.

Les données parlent

Entre 2020 et 2024, période marquée par des vagues inflationnistes successives, le cours de l’or a progressé d’environ 60 % selon les données du marché. En 2024, l’inflation française a ralenti à +2,0 % en moyenne annuelle, mais l’or n’a pas faibli pour autant : il a même enregistré sa quatrième meilleure performance annuelle des 25 dernières années avec +26,6 %.

Pourquoi ? Parce que les investisseurs anticipent. Ils ne regardent pas seulement l’inflation d’aujourd’hui, mais celle de demain. Et dans un monde où les banques centrales ont massivement créé de la monnaie depuis 2020, la méfiance envers les devises fiduciaires persiste.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce constat historique illustre néanmoins une tendance de long terme qui mérite attention. Pour en savoir plus, ces articles vous aideront à comprendre pourquoi l’or est en hausse ou, au contraire, pourquoi il baisse.


Pourquoi parle-t-on de valeur refuge ?

Un actif qui traverse les crises

L’or possède un statut particulier dans l’inconscient collectif et dans les coffres des banques centrales. Contrairement aux actions ou aux obligations, sa valeur ne dépend pas de la santé d’une entreprise ou d’un État.

Quand l’économie vacille, les investisseurs se tournent vers ce qu’ils perçoivent comme solide. En 2020, lors du choc initial de la pandémie de COVID-19, les Bourses ont plongé brutalement. L’or a résisté, puis augmenté.

La même dynamique s’observe en période d’inflation élevée. Lorsque les prix s’emballent, les épargnants cherchent à protéger leur capital de l’érosion monétaire. L’or devient alors cet « assurance incendie » pour le patrimoine.

Les banques centrales votent avec leurs lingots

Si vous doutez encore du statut de valeur refuge de l’or, regardez ce que font les banques centrales mondiales. Depuis 2022, elles ont massivement augmenté leurs réserves d’or. La Chine, la Turquie, la Pologne, l’Inde : tous ces pays accumulent du métal jaune.

Selon le World Gold Council, les achats des banques centrales ont doublé entre 2021 et 2023. En 2024 et début 2025, la tendance s’est même accélérée, avec plus de 1 000 tonnes achetées au total. Ces institutions ne spéculent pas sur le court terme : elles diversifient leurs réserves de change pour se prémunir contre les turbulences monétaires.

Si les gardiens des monnaies nationales font ce choix, c’est bien que l’or conserve une fonction monétaire, même à l’ère du numérique.

Inflation + incertitude = un cocktail gagnant pour l'or

L’or se renforce quand l’inflation s’accompagne de tensions géopolitiques. Entre 2022 et 2025, le monde a connu :

  • La guerre en Ukraine déclenchée en février 2022
  • Les tensions au Moyen-Orient intensifiées en octobre 2023
  • Les menaces commerciales de Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche début 2025

Chaque crise supplémentaire pousse un peu plus d’investisseurs vers la sécurité perçue du métal précieux. Dans ce contexte, l’inflation joue un rôle d’accélérateur : elle rend l’or plus attractif par rapport aux placements monétaires traditionnels.


Si l'inflation augmente, l'or va-t-il lui aussi continuer d'augmenter ?

L'inflation ralentit mais ne disparaît pas

En 2025, l’inflation française a marqué une pause : +0,9 % en moyenne annuelle selon l’Insee, contre +2,0 % en 2024. Est-ce la fin de l’envolée de l’or ? Pas nécessairement.

Il faut d’abord distinguer ralentissement et déflation. Une inflation à +0,9 %, c’est toujours une hausse des prix. Votre baguette ne va pas redevenir moins chère, elle va augmenter moins vite. Le pouvoir d’achat de la monnaie continue donc de s’éroder, même si c’est à un rythme moins soutenu.

Ensuite, l’or ne réagit pas qu’à l’inflation du moment, mais « anticipe ». Les investisseurs regardent les politiques monétaires, les niveaux d’endettement publics, la création monétaire passée. Tous ces facteurs continuent d’alimenter une méfiance structurelle envers les devises.

Les taux d'intérêt : l'autre variable clé

Contrairement à une obligation qui verse des intérêts ou une action qui distribue des dividendes, un lingot d’or reste un lingot d’or. Il ne génère pas de revenu.

Quand les taux d’intérêt sont élevés, les placements monétaires rapportent davantage, ce qui rend l’or moins attractif. Mais lorsque les banques centrales baissent leurs taux, comme l’a fait la BCE en 2024 (huit baisses successives, passant de 4,50 % à 2,15 %), l’or redevient compétitif.

Pourquoi ? Parce que des taux bas stimulent souvent l’inflation à moyen terme, et affaiblissent mécaniquement la valeur des devises. Les investisseurs l’ont bien compris : entre 2024 et début 2025, l’or a battu record sur record malgré une inflation officiellement en baisse.

Prix de l'or en 2025 : une déconnexion surprenante avec les indicateurs traditionnels

Normalement, plusieurs facteurs devraient peser sur le cours de l’or :

  • Un dollar fort, car l’or est coté en dollars.
  • Des taux d’intérêt réels positifs.
  • Une inflation en baisse.
  • Une volatilité boursière faible.

Or, en 2024-2025, tous ces signaux étaient au rouge et l’or a quand même grimpé. Cette « anomalie » s’explique par un changement structurel : l’or est redevenu une monnaie aux yeux d’une partie croissante des investisseurs, institutionnels comme particuliers.

Comme le souligne Jean-François Faure, fondateur de Veracash : « L’or n’est plus seulement un placement, c’est une alternative monétaire dans un système financier fragilisé par des années de création monétaire excessive. »

Les prévisions des analystes pour le cours de l’or en 2026

Les grandes institutions financières restent optimistes malgré une inflation ralentie. Début 2026, Goldman Sachs prévoit une once à 5 400 dollars fin 2026. Quelques semaines plus tôt, UBS tablait sur 5 000 dollars avant la fin de l’année.

Ces prévisions ne reposent pas uniquement sur l’inflation, mais sur un faisceau de facteurs : tensions géopolitiques, menaces de droits de douane par l’administration Trump, achats des banques centrales, demande asiatique croissante, et méfiance persistante envers le système financier traditionnel. Mais n’oublions pas que si ces analyses donnent un éclairage, elles ne peuvent prédire l’avenir.

À retenir

  • L’inflation et l’or entretiennent une relation historique : quand les prix augmentent, le métal précieux conserve sa valeur face à des monnaies qui perdent la leur.
  • Le statut protecteur de l’or ne se dément pas : les banques centrales accumulent massivement de l’or depuis 2022, confirmant son rôle de protection contre les turbulences monétaires et en période d’inflation.
  • 2025 marque une année record pour le cours de l’or : avec un cours culminant à 4 522 dollars et 3 833 euros l’once en décembre, l’or a progressé de plus de 70 % en un an, dépassant toutes les prévisions.
  • L’inflation ralentit mais les facteurs haussiers persistent : taux d’intérêt bas, tensions géopolitiques et méfiance structurelle envers les devises continuent de soutenir le cours de l’or.

L’inflation remodèle le paysage financier depuis 2022, et l’or s’est imposé comme l’un des grands remparts de cette période troublée. Comprendre cette relation permet de mieux appréhender le rôle que le métal jaune peut jouer dans une stratégie patrimoniale. Chaque situation étant unique, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel pour des conseils adaptés à votre profil.

Questions fréquentes

Sources