Diversification de portefeuille d’investissement : comment ça marche ?

En matière d’investissement, la diversification est une démarche essentielle pour répartir les risques et se constituer un portefeuille sur mesure. Quels sont les critères à prendre en compte pour une diversification efficace ? Quelle place accorder à l’or dans un portefeuille diversifié ? Explications et exemples.

Disclaimer : ce contenu ne remplace pas les recommandations d’un professionnel qualifié.

Acheter de l'or

Les principes de diversification d’un portefeuille d'investissement

La diversification de portefeuille consiste à répartir un capital entre plusieurs classes d’actifs. C’est la mise en pratique du dicton « il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier », souvent répété pour parler d’épargne. Diversifier, c’est aussi la « pierre angulaire » d’une gestion optimale à long terme. En effet, l’idée est de ne pas dépendre d’un seul placement. Cela peut être une combinaison d’actions, d’immobilier, de livrets d’épargne réglementés, de métaux précieux, et d’autres investissements alternatifs.


Pourquoi diversifier son portefeuille d’investissement ?

Pourquoi diversifier son portefeuille d’investissement ?

La diversification d’un portefeuille permet de diluer les risques entre plusieurs placements. Prenons le cas d’un investisseur qui décide de ne choisir qu’un seul support : il s’expose pleinement à ses variations, qu’elles soient positives ou négatives. En cas de baisse, c’est l’ensemble du capital qui est concerné. À l’inverse, des investissements dans plusieurs catégories d’actifs permettent de modérer l’impact d’une dévaluation. Avec un portefeuille diversifié, une perte dans un domaine n’affecte pas (ou peu) les autres produits. Les risques ne sont pas totalement éliminés, mais ils sont mieux répartis.

Pour se protéger des crises économiques

Diversifier un portefeuille répond à une logique de protection du capital contre les crises et l’inflation. En effet, cette approche repose sur l’idée que tous les actifs n’évoluent pas de la même façon ni au même moment, en fonction du contexte économique. En période de crise, certains peuvent progresser ou reculer fortement alors que d’autres sont plus stables. Par exemple, lorsque les marchés financiers s’effondrent en période d’incertitude, les actifs tangibles comme l’or ont tendance à adopter un comportement différent et à conserver leur valeur. Ainsi, la diversification peut consister à rechercher un équilibre pour rendre l’ensemble plus résilient face aux aléas économiques.

Pour construire un portefeuille cohérent

Une stratégie de diversification, c’est aussi une manière de construire un portefeuille adapté aux objectifs financiers et au profil de chaque investisseur. Rendement immédiat, revenus réguliers ou protection d’épargne à long terme ? Un peu des trois ? Un portefeuille diversifié permet précisément d’ajuster les placements selon une approche sur mesure. La répartition et les actifs peuvent aussi évoluer au fil du temps, en fonction du contexte économique et/ou de la situation personnelle de l’investisseur.


Diversifier son portefeuille en pratique : les critères à prendre en compte

Plusieurs éléments sont pris en compte pour déterminer la composition d’un portefeuille diversifié.

Le profil de l’investisseur et ses objectifs

La première question à se poser est : quels sont les objectifs des investissements ? Envisager un projet à moyen terme, générer des revenus complémentaires ou construire un capital sur la durée en vue de la retraite ? Tous ces projets impliquent des choix d’actifs différents. Le profil de l’investisseur est une autre donnée clé à prendre en compte. Il est établi en fonction de plusieurs critères comme : son âge, sa situation familiale, sa situation professionnelle, son niveau de connaissance en matière de finances, son attachement aux critères ESG (environnement, social, gouvernance), etc.

Les différents types d’actifs

Diversifier suppose de répartir son portefeuille entre plusieurs catégories d’actifs. Par exemple : les actions, les obligations d’État, l’immobilier, les ETF (fonds indiciels ou trackers), les livrets d’épargne réglementés, l’assurance-vie, etc. Il est aussi possible de choisir des investissements alternatifs comme les biens immobiliers commerciaux, les objets de collection, l’art, les groupements forestiers, etc. Il s’agit ensuite d’allouer une certaine proportion du portefeuille à chacun des actifs.

Le niveau de risque

Chaque actif présente un niveau de risque spécifique, qu’il est important d’évaluer avant de construire son portefeuille d’investissement. Une approche judicieuse consiste à trouver un équilibre entre des actifs plus volatils et d’autres plus stables. Mais là encore, cela dépend du profil de l’investisseur et de sa tolérance au risque. Un profil prudent recherche la sécurité avant tout, quitte à accepter des gains relativement faibles. En revanche, les profils offensifs assument une volatilité globale importante en échange d’un potentiel de rendement élevé.

Faire appel à un professionnel de la gestion de patrimoine reste la meilleure solution pour mettre en place une stratégie adaptée.

La liquidité

Le critère de la liquidité est parfois oublié à côté du niveau de risque et des gains potentiels, mais il a toute son importance. La liquidité correspond au temps nécessaire pour récupérer le capital en cas de besoin. Dans une logique de diversification, il peut être pertinent de varier les niveaux de liquidité :

  • Des placements très liquides, comme l’or physique et le livret A, qui permettent de récupérer des fonds en quelques jours, voire immédiatement avec des solutions numériques comme Veracash ;
  • Et des placements de long terme moins liquides, comme l’immobilier.

L’horizon de placement

Le temps pendant lequel le capital est mobilisé influence directement une stratégie de diversification. Un horizon court (jusqu’à trois ans environ) implique souvent une approche prudente, afin de limiter l’exposition aux variations à court terme. En revanche, avec un horizon plus long (au moins dix ans), il est envisageable d’intégrer des actifs plus fluctuants, car les évolutions des marchés peuvent être lissés dans le temps.


Quelle place pour l’or dans une stratégie de diversification ?

Un actif tangible historique et de référence

L’or est un actif tangible, dont la valeur est reconnue de manière universelle. Il est utilisé depuis la nuit des temps et dans le monde entier, autant comme monnaie que comme symbole de richesse, et désormais comme valeur refuge. Ainsi, la rareté de l’or, ses propriétés uniques et sa liquidité en font l’un piliers essentiels d’un portefeuille d’investissement diversifié, aux côtés d’autres types d’actifs.

Une réserve de valeur décorrélée des marchés financiers

Dans les phases de tensions économiques ou géopolitiques, l’or est perçu comme un actif de référence : son évolution est décorrélée des marchés financiers traditionnels. On dit aussi qu’il est contracyclique. Lorsque la Bourse chute ou lorsque les taux d’intérêt diminuent, le cours de l’or suit plutôt une tendance haussière. L’or est en effet considéré comme une réserve de valeur, et suscite l’intérêt des investisseurs quand la confiance envers d’autres actifs diminue. Cette corrélation faible fait de l’or un support pertinent dans une logique de diversification, pour équilibrer les variations d’un portefeuille d’investissement.

Quelle proportion pour l’or dans un portefeuille diversifié ?

Rappelons que la place à accorder à l’or dans un portefeuille d’actifs dépend avant tout du profil de l’investisseur et de ses projets. Mais en général, le métal jaune est plus utilisé comme un actif complémentaire que comme une composante majeure d’un patrimoine. Les experts attribuent ainsi à l’or des parts variables de 5 à 20 % des investissements.

À noter : une méthode d’investissement dans l’or consiste à acheter peu, mais régulièrement et à long terme. C’est le DCA (Dollar Cost Averaging), qui permet de lisser les effets de cours dans le temps.

Exemples de portefeuilles diversifiés selon les profils

La « bonne diversification » est celle qui correspond à l’investisseur : il existe autant de stratégies possibles que de profils !

Le portefeuille d’un profil prudent

Pour un investisseur avec un profil prudent, avec une faible tolérance au risque, la priorité est la préservation du capital plus que le rendement potentiel. Le portefeuille repose donc en grande partie sur des produits stables : biens immobiliers, livrets ou comptes épargne, assurance-vie en fonds euro, obligations d’État. Ici, une part de métaux précieux comme l’or apporte une sécurité supplémentaire face aux incertitudes économiques

Le portefeuille d’un profil à risque modéré

Un investisseur avec un profil modéré recherche le compromis entre des placements sécurisés et les rendements. Autrement dit, un portefeuille équilibré avec plus d’opportunités de croissance qu’un profil prudent. Dans cette optique, l’investisseur peut choisir une assurance vie multisupports (fonds d’euros et unités de compte) qui permet de combiner plusieurs types d’actifs et d’apporter de la flexibilité. En parallèle, il effectue des placements immobiliers et achète des actions et obligations pour viser des revenus réguliers. Intégrer de l’or a également du sens pour équilibrer l’ensemble.

Le portefeuille d’un investisseur dynamique

Un investisseur dynamique (ou offensif) a une faible aversion au risque. Il attend des gains significatifs et accepte une volatilité tout aussi élevée pour atteindre ses objectifs. Une grande partie du portefeuille (parfois plus de la moitié) est consacrée aux actions. Le reste est réparti entre des obligations et des investissements alternatifs qui peuvent être des métaux précieux et des cryptomonnaies.

Exemples de portefeuilles anti-crises

Il existe aussi des propositions de portefeuilles diversifiés dont la répartition est établie spécifiquement pour résister aux crises économiques à long terme. En voici deux exemples nés aux États-Unis.

L’exemple du portefeuille diversifié de Ray Dalio

L’investisseur américain Ray Dalio a imaginé le portefeuille « All Weather » pour pouvoir résister aux quatre saisons. Ou plus exactement, pour parer à quatre types de situations économiques : la croissance, le ralentissement économique, la hausse ou la baisse de l’inflation. À l’origine, Ray Dalio préconise la composition suivante :

  • 40 % d’obligations d’État à long terme (plus de 20 ans) ;
  • 30 % d’actions ;
  • 15 % d’obligations d’État à moyen terme (7 à 10 ans) ;
  • 7,5 % de matières premières ;
  • 7,5 % d’or.

Cet exemple permet de rappeler qu’un portefeuille diversifié peut être amené à évoluer au fil du temps. Fin 2025, Ray Dalio recommande ainsi d’augmenter la part d’investissements accordée à l’or : 15 % au lieu de 7,5 %. La crise internationale et la politique menée par les États-Unis, qui renforcent le contexte général d’incertitude, expliquent cet ajustement en faveur d’une réserve de valeur.

Le portefeuille permanent de Harry Browne

Dans une logique similaire de protection contre l’inflation et les crises, Harry Browne suggère une répartition équitable pour son portefeuille diversifié. Cet autre investisseur et auteur américain a défini le concept de « portefeuille permanent ». Là encore, l’idée est de pouvoir faire face à tous types d’aléas économiques avec le minimum de turbulences. Harry Browne conseille de diviser les investissements en quatre parts, en attribuant 25 % à chaque classe d’actifs : actions, obligations à long terme, or et cash.

Questions et réponses sur la diversification