{"id":7619,"date":"2025-08-21T21:00:31","date_gmt":"2025-08-21T19:00:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.veracash.com\/?p=7619"},"modified":"2025-08-21T20:48:12","modified_gmt":"2025-08-21T18:48:12","slug":"dette-deficit-public-de-la-france-jusquou-ira-t-on","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.veracash.com\/fr\/blog\/dette-deficit-public-de-la-france-jusquou-ira-t-on","title":{"rendered":"Dette et d\u00e9ficit public de la France : jusqu\u2019o\u00f9 ira-t-on ?"},"content":{"rendered":"

[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb138390″]Depuis l\u2019an dernier, on reparle beaucoup du d\u00e9ficit et de la dette publique de la France. Le 20 mars 2024, Emmanuel Macron avait d\u2019ailleurs r\u00e9uni les t\u00e9nors de son camp politique pour discuter d’une strat\u00e9gie permettant d\u2019endiguer la d\u00e9rive des comptes publics. Mais depuis, l\u2019histoire politique du pays s\u2019est emball\u00e9e, avec une dissolution de l\u2019Assembl\u00e9e nationale et deux gouvernements dont un pouss\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mission sans pouvoir voter un budget pour 2025, apr\u00e8s une censure des d\u00e9put\u00e9s, ce qui a presque fait passer la question de la dette au second plan.<\/p>\n

N\u00e9anmoins, la situation reste aujourd\u2019hui pr\u00e9occupante, et les tensions budg\u00e9taires s’accentuent \u00e0 la veille de la pr\u00e9sentation des premi\u00e8res orientations budg\u00e9taires pour 2026. Si certains envisagent toujours de recourir \u00e0 l\u2019emprunt pour combler les pertes<\/strong>, la dette nationale soul\u00e8ve des inqui\u00e9tudes croissantes. D\u2019autant plus que l\u2019\u00e9ch\u00e9ance du prochain verdict des agences de notation<\/a> sur la solvabilit\u00e9 de la France approche \u00e0 grands pas, dans un contexte \u00e9conomique mondial marqu\u00e9 par des incertitudes g\u00e9opolitiques et une inflation persistante.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb252914″]<\/p>\n

Une dette impressionnante<\/h2>\n

Pour 2025, le besoin de financement pr\u00e9visionnel<\/a> annonc\u00e9 par le gouvernement et l\u2019Agence France Tr\u00e9sor s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 306,7 milliards d\u2019euros<\/strong>, un chiffre qui s\u2019explique par un d\u00e9ficit budg\u00e9taire estim\u00e9 \u00e0 135,6 milliards d\u2019euros<\/strong> et des amortissements de dettes \u00e0 moyen et long terme atteignant 174,8 milliards d\u2019euros, en hausse de 19,7 milliards d\u2019euros par rapport \u00e0 2024. Le besoin de financement d\u00e9passe donc les 300 milliards d\u2019euros pour la deuxi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive<\/strong>, dans un contexte o\u00f9 les taux d\u2019emprunt ne semblent pas vouloir fl\u00e9chir, bien au contraire.<\/p>\n

La dette publique, qui quant \u00e0 elle avait d\u00e9j\u00e0 franchi un cap historique (environ 3\u202f303\u202fmilliards d\u2019euros, soit ~114\u202f% du PIB) en d\u00e9cembre\u202f2024, a continu\u00e9 d\u2019augmenter tr\u00e8s rapidement au premier trimestre\u202f2025 : selon l\u2019INSEE, elle a ainsi progress\u00e9 de 40,5\u202fmilliards d\u2019euros<\/strong>, pour atteindre 3\u202f346\u202fmilliards<\/strong> fin mars<\/span>. Le Haut Conseil des finances publiques anticipe d\u00e9sormais un ratio dette\/PIB de 115,4\u202f%<\/strong> en 2025, un nouveau record d\u00e9passant m\u00eame celui la crise sanitaire !<\/span><\/p>\n

Ce seuil est d\u2019autant plus significatif que l\u2019inflation ne cesse de reculer, se situant entre 0,7 et 1% depuis le d\u00e9but de l’ann\u00e9e 2025.[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb148967″]Ainsi, malgr\u00e9 des engagements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 r\u00e9aliser des \u00e9conomies substantielles, le gouvernement se heurte \u00e0 des pr\u00e9visions de croissance moroses : la progression du PIB pour 2025 est d\u00e9sormais fix\u00e9e \u00e0 0,6 %<\/strong>, contre 1,2 % puis 0,9% initialement anticip\u00e9s. Certes, dans un rapport de juillet 2025, le FMI envisage la possibilit\u00e9 d’un redressement \u00e0 1% pour 2026<\/a> … \u00e0 condition que les r\u00e9formes structurelles avancent. Probl\u00e8me, la quasi-stagnation actuelle complique la mise en \u0153uvre de ces m\u00eames r\u00e9formes budg\u00e9taires indispensables \u00e0 cette reprise de la croissance, tout en accentuant les pressions sur les finances publiques. L’histoire du serpent qui se mord la queue.[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb10376″ media_width_percent=\u00a0\u00bb100″ shape=\u00a0\u00bbimg-round\u00a0\u00bb radius=\u00a0\u00bbstd\u00a0\u00bb uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb184017″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb176530″]<\/p>\n

Un d\u00e9but de plan de redressement ?<\/h2>\n

Dans un r\u00e9cent discours de juillet 2025, le Premier ministre Bayrou a qualifi\u00e9 la dette publique d\u2019\u00ab insoutenable \u00bb (113,7\u202f% du PIB, soit environ 3,3\u202ftrillions d\u2019euros), avec un co\u00fbt du service de la dette de 44,5\u202fmilliards d\u2019euros<\/strong>, soit l\u2019\u00e9quivalent du budget de la d\u00e9fense. <\/span>Il a alors propos\u00e9 un plan de 43,8 \u00e0 44\u202fmilliards d\u2019euros<\/strong> d’\u00e9conomies qui pr\u00e9voit le gel des d\u00e9penses pour un an, la rationalisation des d\u00e9penses de sant\u00e9, un imp\u00f4t logements cibl\u00e9 sur les plus riches, et la suppression de deux jours f\u00e9ri\u00e9s (pr\u00e8s de 4,2\u202fmilliards d\u2019euros de recettes potentielles). Autant dire qu’entre celles qui sont assez peu r\u00e9alistes et les autres qui s’apparentent \u00e0 du \u00ab\u00a0bricolage budg\u00e9taire\u00a0\u00bb, ces propositions ont d\u00e9clench\u00e9 une vive opposition aussi bien publique que politique.<\/span><\/p>\n

R\u00e9sultat, les march\u00e9s recommencent \u00e0 se m\u00e9fier de la France, qui appara\u00eet d\u00e9sormais comme un emprunteur moins s\u00fbr, \u00e0 l’image de certains de ses voisins jusqu’ici consid\u00e9r\u00e9s comme les mauvais \u00e9l\u00e8ves de l’Europe : le taux \u00e0 10 ans a ainsi d\u00e9pass\u00e9 les 3\u202f%<\/strong>, r\u00e9duisant l\u2019\u00e9cart avec l\u2019Italie \u00e0 seulement 0,14 point<\/strong>, un signal rare depuis la crise financi\u00e8re de 2008.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb207221″]<\/p>\n

Pourquoi une dette aussi \u00e9lev\u00e9e ?<\/h2>\n

La dette publique fran\u00e7aise s\u2019explique avant tout par l\u2019accumulation de d\u00e9ficits budg\u00e9taires successifs, n\u00e9cessaires pour financer des d\u00e9penses d\u00e9passant syst\u00e9matiquement les recettes. Cette situation refl\u00e8te la difficult\u00e9 chronique du pays \u00e0 \u00e9quilibrer ses finances depuis presque 50 ans<\/strong>, dans un contexte o\u00f9 le mod\u00e8le social repose sur une prodigalit\u00e9 publique toujours plus importante. La France consacre en effet 32,2% de son PIB aux d\u00e9penses sociales<\/a> (notamment les retraites), ce qui en fait le pays le plus d\u00e9pensier dans ce domaine.<\/p>\n

En outre, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la pand\u00e9mie de COVID-19 ainsi que les crises \u00e9nerg\u00e9tiques et g\u00e9opolitiques (notamment la guerre en Ukraine) ont consid\u00e9rablement creus\u00e9 les d\u00e9ficits publics<\/strong> qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 abyssaux. En 2024, la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie a encore alourdi la dette par la mise en place de nouvelles mesures de soutien au profit des m\u00e9nages et des entreprises.<\/p>\n

Enfin, les engagements pris dans le cadre de la transition \u00e9cologique et les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la modernisation des infrastructures de d\u00e9fense (notamment dans le cadre de la mont\u00e9e des tensions internationales) ont renforc\u00e9 les besoins de financement de l\u2019\u00c9tat.[\/vc_column_text][vc_raw_html]JTNDJTIxLS1IdWJTcG90JTIwQ2FsbC10by1BY3Rpb24lMjBDb2RlJTIwLS0lM0UlM0NzcGFuJTIwY2xhc3MlM0QlMjJocy1jdGEtd3JhcHBlciUyMiUyMGlkJTNEJTIyaHMtY3RhLXdyYXBwZXItODg2ZDA3YWUtZmRiZS00NTVjLTg5NmUtZTY4MjM5OTcwZjcxJTIyJTNFJTNDc3BhbiUyMGNsYXNzJTNEJTIyaHMtY3RhLW5vZGUlMjBocy1jdGEtODg2ZDA3YWUtZmRiZS00NTVjLTg5NmUtZTY4MjM5OTcwZjcxJTIyJTIwaWQlM0QlMjJocy1jdGEtODg2ZDA3YWUtZmRiZS00NTVjLTg5NmUtZTY4MjM5OTcwZjcxJTIyJTNFJTNDJTIxLS0lNUJpZiUyMGx0ZSUyMElFJTIwOCU1RCUzRSUzQ2RpdiUyMGlkJTNEJTIyaHMtY3RhLWllLWVsZW1lbnQlMjIlM0UlM0MlMkZkaXYlM0UlM0MlMjElNUJlbmRpZiU1RC0tJTNFJTNDYSUyMGhyZWYlM0QlMjJodHRwcyUzQSUyRiUyRmN0YS1yZWRpcmVjdC5odWJzcG90LmNvbSUyRmN0YSUyRnJlZGlyZWN0JTJGMjEwMDk5NSUyRjg4NmQwN2FlLWZkYmUtNDU1Yy04OTZlLWU2ODIzOTk3MGY3MSUyMiUyMHRhcmdldCUzRCUyMl9ibGFuayUyMiUyMHJlbCUzRCUyMm5vb3BlbmVyJTIyJTNFJTNDaW1nJTIwY2xhc3MlM0QlMjJocy1jdGEtaW1nJTIyJTIwaWQlM0QlMjJocy1jdGEtaW1nLTg4NmQwN2FlLWZkYmUtNDU1Yy04OTZlLWU2ODIzOTk3MGY3MSUyMiUyMHN0eWxlJTNEJTIyYm9yZGVyLXdpZHRoJTNBMHB4JTNCJTIyJTIwc3JjJTNEJTIyaHR0cHMlM0ElMkYlMkZuby1jYWNoZS5odWJzcG90LmNvbSUyRmN0YSUyRmRlZmF1bHQlMkYyMTAwOTk1JTJGODg2ZDA3YWUtZmRiZS00NTVjLTg5NmUtZTY4MjM5OTcwZjcxLnBuZyUyMiUyMCUyMGFsdCUzRCUyMmRpdmVyc2lmaWV6JTIwdm90cmUlMjBwYXRyaW1vaW5lJTIwYXZlYyUyMFZlcmFjYXNoJTIyJTJGJTNFJTNDJTJGYSUzRSUzQyUyRnNwYW4lM0UlM0NzY3JpcHQlMjBjaGFyc2V0JTNEJTIydXRmLTglMjIlMjBzcmMlM0QlMjJodHRwcyUzQSUyRiUyRmpzLmhzY3RhLm5ldCUyRmN0YSUyRmN1cnJlbnQuanMlMjIlM0UlM0MlMkZzY3JpcHQlM0UlM0NzY3JpcHQlMjB0eXBlJTNEJTIydGV4dCUyRmphdmFzY3JpcHQlMjIlM0UlMjBoYnNwdC5jdGEubG9hZCUyODIxMDA5OTUlMkMlMjAlMjc4ODZkMDdhZS1mZGJlLTQ1NWMtODk2ZS1lNjgyMzk5NzBmNzElMjclMkMlMjAlN0IlMjJ1c2VOZXdMb2FkZXIlMjIlM0ElMjJ0cnVlJTIyJTJDJTIycmVnaW9uJTIyJTNBJTIybmExJTIyJTdEJTI5JTNCJTIwJTNDJTJGc2NyaXB0JTNFJTNDJTJGc3BhbiUzRSUzQyUyMS0tJTIwZW5kJTIwSHViU3BvdCUyMENhbGwtdG8tQWN0aW9uJTIwQ29kZSUyMC0tJTNF[\/vc_raw_html][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb212193″]<\/p>\n

Quelles sont les craintes suscit\u00e9es par la dette publique fran\u00e7aise ?<\/h2>\n

Comme tout endettement massif, la principale crainte r\u00e9side dans la soutenabilit\u00e9 de la dette. La France sera-t-elle capable de rembourser ses emprunts tout en maintenant un niveau de d\u00e9penses publiques suffisant pour assurer les services essentiels ?<\/p>\n

Le 13 d\u00e9cembre 2024, Moody’s a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abaisser la note de cr\u00e9dit \u00e0 long terme de la France<\/a> de \u00ab Aa2 \u00bb \u00e0 \u00ab Aa3 \u00bb, notation confirm\u00e9e le 11 avril 2025 mettant en garde contre les cons\u00e9quences d\u2019un endettement \u00e9lev\u00e9 combin\u00e9 \u00e0 une croissance faible<\/strong>. Si cette situation ne menace pas imm\u00e9diatement la solvabilit\u00e9 du pays, elle accentue la m\u00e9fiance des investisseurs internationaux. Quant aux autres agences de notation, elles ne sont gu\u00e8re plus optimistes :<\/p>\n