{"id":13429,"date":"2026-04-03T09:00:41","date_gmt":"2026-04-03T07:00:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.veracash.com\/?p=13429"},"modified":"2026-04-03T17:24:23","modified_gmt":"2026-04-03T15:24:23","slug":"pourquoi-francais-epargnent-deux-fois-moins-or-allemands","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.veracash.com\/fr\/blog\/pourquoi-francais-epargnent-deux-fois-moins-or-allemands","title":{"rendered":"Pourquoi les Fran\u00e7ais \u00e9pargnent-ils deux fois moins en or que les Allemands ?"},"content":{"rendered":"
[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb891367″]Les chiffres sont souvent \u00e9difiants. Et celui sur l\u2019\u00e9pargne en or des Allemands l\u2019est pour le moins. En effet, les m\u00e9nages d\u2019outre-Rhin d\u00e9tiennent \u00e0 titre priv\u00e9 environ 9100 tonnes d’or, bijoux, pi\u00e8ces et lingots confondus, soit plus du double de ce que poss\u00e8dent les m\u00e9nages fran\u00e7ais (au mieux autour de 4000 tonnes).<\/span>[\/vc_column_text][vc_row_inner row_inner_height_percent=\u00a0\u00bb0″ back_color=\u00a0\u00bbcolor-128411″ overlay_alpha=\u00a0\u00bb50″ gutter_size=\u00a0\u00bb3″ shift_y=\u00a0\u00bb0″ z_index=\u00a0\u00bb0″ uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb196561″ back_color_type=\u00a0\u00bbuncode-palette\u00a0\u00bb][vc_column_inner width=\u00a0\u00bb1\/1″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb186525″ css=\u00a0\u00bb.vc_custom_1775137060784{margin-top: 20px !important;margin-right: 20px !important;margin-bottom: 20px !important;margin-left: 20px !important;border-top-width: 0px !important;border-right-width: 0px !important;border-bottom-width: 0px !important;border-left-width: 0px !important;padding-top: 20px !important;padding-right: 20px !important;padding-bottom: 20px !important;padding-left: 20px !important;}\u00a0\u00bb]<\/p>\n [\/vc_column_text][\/vc_column_inner][\/vc_row_inner][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb119325″]Deux pays voisins, deux \u00e9conomies comparables en taille, deux populations aux niveaux de vie proches, et pourtant, un foss\u00e9 de plusieurs milliers de tonnes de m\u00e9tal pr\u00e9cieux. Comment expliquer un tel \u00e9cart ? Comme souvent en \u00e9conomie, la r\u00e9ponse d\u00e9pend de plusieurs facteurs, \u00e0 commencer par l\u2019histoire. Mais faisons d\u2019abord un point plus complet de la situation.<\/span><\/p>\n Les donn\u00e9es les plus pr\u00e9cises sur la d\u00e9tention priv\u00e9e d’or en Allemagne proviennent des \u00e9tudes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du <\/span>Steinbeis Research Center for Financial Services<\/span><\/a>, r\u00e9alis\u00e9es pour le compte de la Reisebank. La derni\u00e8re \u00e9tude en date r\u00e9v\u00e8le que les m\u00e9nages allemands priv\u00e9s d\u00e9tiennent plus de 9089 tonnes d’or (dont 8918 tonnes en lingots), soit une hausse de 270 tonnes par rapport \u00e0 l’\u00e9tude pr\u00e9c\u00e9dente de 2019. Un chiffre colossal, qui repr\u00e9sente plus de 6 % des r\u00e9serves mondiales d’or, pour une valeur estim\u00e9e \u00e0 environ <\/span>616 milliards d’euros<\/span><\/a>.\u00a0<\/span><\/p>\n Au passage, notons que les lingots d\u00e9tenus par les particuliers allemands repr\u00e9sentent 2.6 fois les stocks d\u2019or de la Bundesbank (la Banque centrale d\u2019Allemagne).<\/span><\/p>\n Du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, les estimations sont plus difficiles \u00e0 \u00e9tablir. Ni l’INSEE ni la Banque de France ne publient de donn\u00e9es officielles sur la d\u00e9tention priv\u00e9e d’or des m\u00e9nages. La quantit\u00e9 d’or d\u00e9tenue par les Fran\u00e7ais en 2000 se situait entre 3 000 et 5 000 tonnes, <\/span>selon les recherches de l’\u00e9conomiste Thi Hong Van Hoang<\/span><\/a>, men\u00e9es notamment sur la base d’anciens documents de la Banque de France. Les estimations actuelles gravitent autour de 4 000 tonnes.<\/span><\/p>\n L’\u00e9cart entre les deux nations se creuse encore quand on ram\u00e8ne les chiffres \u00e0 l’individu. Car ce qui distingue la d\u00e9tention d’or en Allemagne, c’est son caract\u00e8re r\u00e9solument ax\u00e9 sur l’investissement plut\u00f4t que sur une tradition culturelle.\u00a0<\/span><\/p>\n Selon des enqu\u00eates r\u00e9centes du World Gold Council, plus d’un tiers des Allemands ont \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre investi dans l’or, et 28 % le font encore aujourd’hui. Ainsi, les m\u00e9nages priv\u00e9s allemands d\u00e9tiennent environ 109,5 grammes par personne, ce qui fait de l’Allemagne le leader mondial de la d\u00e9tention d’or par habitant, bien que ses avoirs totaux soient tr\u00e8s inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la Chine ou de l’Inde.\u00a0<\/span>[\/vc_column_text][vc_single_image media=\u00a0\u00bb13430″ media_lightbox=\u00a0\u00bbyes\u00a0\u00bb media_width_percent=\u00a0\u00bb100″ uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb131137″][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb929409″]Pour les Fran\u00e7ais, la d\u00e9tention d’or d’investissement par habitant est significativement plus faible (une cinquantaine de grammes), et m\u00eame si le m\u00e9tal pr\u00e9cieux commence \u00e0 devenir un actif d\u2019\u00e9pargne qui se d\u00e9mocratise gr\u00e2ce \u00e0 des plateformes comme Veracash, l’essentiel du stock d\u00e9tenu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale est constitu\u00e9 d’or et de bijoux h\u00e9rit\u00e9s, et non d’achats d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s de pi\u00e8ces ou de lingots.<\/span><\/p>\n Ce d\u00e9tail n’est pas anecdotique. Il r\u00e9v\u00e8le une diff\u00e9rence fondamentale de posture : l\u00e0 o\u00f9 l’Allemand ach\u00e8te de l’or, le Fran\u00e7ais en h\u00e9rite. L’un fait un acte d’\u00e9pargnant, l’autre perp\u00e9tue une tradition familiale.<\/span><\/p>\n Pour comprendre pourquoi un Allemand trouve naturel d’acheter un lingot de 100 grammes aupr\u00e8s de sa banque locale (une pratique courante outre-Rhin), il faut remonter au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920. La R\u00e9publique de Weimar traverse alors <\/span>une crise mon\u00e9taire sans pr\u00e9c\u00e9dent<\/span><\/a> dans l’histoire moderne d’un grand pays occidental. En 1923, l’inflation atteint des sommets proprement hallucinants : il faut des milliards de marks pour acheter une miche de pain. Des familles voient leurs \u00e9conomies d’une vie s’\u00e9vaporer en quelques semaines. La monnaie papier, qui semblait solide la veille, ne vaut plus rien du jour au lendemain.<\/span>[\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb212550″]<\/p>\n En savoir plus<\/strong> : L’hyperinflation allemande de 1923<\/a><\/p><\/blockquote>\n [\/vc_column_text][vc_column_text uncode_shortcode_id=\u00a0\u00bb161175″]On peut alors comprendre que les Allemands soient <\/span>fondamentalement allergiques au risque<\/span><\/a> et qu’il est tout \u00e0 fait ordinaire pour eux d’acheter de l’or physique pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re. Car le traumatisme de Weimar n’est pas un souvenir lointain et acad\u00e9mique pour les familles allemandes, c\u2019est au contraire une le\u00e7on transmise sur ces cent derni\u00e8res ann\u00e9es de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, une conviction visc\u00e9rale selon laquelle la monnaie peut trahir, et que l’or, lui, ne le fait jamais<\/span><\/p>\n Cette m\u00e9fiance ne s’est pas arr\u00eat\u00e9e \u00e0 1923. Elle a travers\u00e9 la Seconde Guerre mondiale, la d\u00e9valuation du mark d’apr\u00e8s-guerre, les tensions de la Guerre froide. Et lorsque l’Allemagne a accept\u00e9 d’abandonner le deutsche mark en 2002 pour rejoindre l’euro, beaucoup d’Allemands l’ont v\u00e9cu comme un sacrifice. Un sacrifice consenti, certes, mais douloureux. Le mark symbolisait la stabilit\u00e9 retrouv\u00e9e, la discipline budg\u00e9taire, la fiert\u00e9 d’une reconstruction r\u00e9ussie. L’euro, pour une partie de l’opinion allemande, reste une construction fragile dont ils doutent de la p\u00e9rennit\u00e9.<\/span><\/p>\n Ce scepticisme n’est pas marginal. Il irrigue profond\u00e9ment la culture \u00e9conomique allemande. Les Allemands sont convaincus, peut-\u00eatre plus que quiconque en Europe, que la confiance dans une monnaie peut s’effondrer, et que mieux vaut avoir un actif tangible dans un coffre que des promesses imprim\u00e9es sur du papier.<\/span><\/p>\n Ce n’est d’ailleurs pas seulement l’\u00e9pargnant allemand qui pense ainsi. C’est aussi l’\u00c9tat. \u00c0 partir de 2013, l’Allemagne a entrepris de rapatrier son or entrepos\u00e9 \u00e0 l’\u00e9tranger depuis la Guerre froide (300 tonnes depuis New York et 374 tonnes depuis Paris) bien avant le d\u00e9lai pr\u00e9vu.\u00a0<\/span><\/p>\n Cette d\u00e9cision, officiellement pr\u00e9sent\u00e9e comme une question de transparence et de confiance des investisseurs, traduisait aussi un message politique : dans un monde incertain, on veut son or l\u00e0 o\u00f9 on peut le voir. La Bundesbank elle-m\u00eame partage cette philosophie, arguant que cette transparence suscite la confiance du public, allant jusqu’\u00e0 <\/span>exposer une partie de son or dans son mus\u00e9e de l’Argent \u00e0 Francfort<\/span><\/a>. L’or, en Allemagne, n’est pas un secret honteux, c’est une fiert\u00e9 affich\u00e9e.<\/span><\/p>\n\u00c0 retenir<\/h2>\n
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Un foss\u00e9 en or : le chiffre qui surprend<\/span><\/h2>\n
9 100 tonnes contre 4 000 : l’\u00e9cart en chiffres<\/span><\/h3>\n
Des Allemands \u00e9pargnants et des Fran\u00e7ais h\u00e9ritiers<\/span><\/h3>\n
La m\u00e9moire longue des Allemands<\/span><\/h2>\n
Weimar, l’hyperinflation et la le\u00e7on grav\u00e9e dans les esprits<\/span><\/h3>\n
Le mark, l’euro et la m\u00e9fiance structurelle envers la monnaie papier<\/span><\/h3>\n
Le rapatriement de l’or : quand l’\u00c9tat lui-m\u00eame fait confiance au m\u00e9tal<\/span><\/h3>\n
Des portefeuilles aux architectures oppos\u00e9es<\/span><\/h2>\n
L’Allemand conservateur qui se tourne vers l’or faute de mieux<\/span><\/h3>\n